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31.12.2005

Larmes blanches

Ô subtil fluide
Pureté éphémère
Mon ciel n’est que livide
On m’a tué l’éther

Bleue, ma chère terre n’est plus
Empourprée de rouge sang
Entaillée, mise à nu,
Etrange testament…

Les pluies sont de napalm
L’acide coule à flot
Dans mes veines tout est calme
S’ettouffe un sanglot.

Seules les larmes déversent
Des torrents de misère
Les visages se bouleversent
Se creusent des cratères

Les billes sont des pierres
S’envolant à tout vent
Un enfant tombe à terre
Et défile le temps

Armes blanches, blancheur d’âme
La candeur de ces corps
La pâleur de ces lames
Petit homme trompe la mort

Bleue ma chère terre n’est pas
Pas plus qu’elle ne tourne rond
Ma rage au cœur sera
Ma seule rédemption

S. PM

30.12.2005

L'écume des maux

Le temps passe, glisse et s’efface,
Ne laissant pour seule trace
Une balafre à même le cœur
Cicatrice, blessure, douleur.

Béance d’un coeur amer
Oh vide, solitude, désert
Pourquoi ne m’avoir épargnée
Serait-ce ma seule destinée ?

Où sont passées mes illusions,
Mes rêves bleus et mes chimères
N’était ce qu’une pâle imitation
Un mirage éphémère ?

Vagues et marées à l’unisson
Ont asséché l’encre marine
Emportant en leur sein la passion
Seule jouissance, ôh mer divine

La bouteille sombre criait son mal
Usée par l’érosion du vide
Les flots dans leur dessein final
Emportaient le message livide

Oh Néréis nymphe des mers
Je sollicite ta clémence
Accordes moi cette prière
Libères des eaux mon espérance

Laisses la houle m’emporter
Mon vague à l’âme se briser
Sur les récifs de mes nuits
Le littoral de mes folies

Oh Néréis reine des eaux
Ma bouteille sombre crie mon mal
Délestant de son bord mille mots
Dans l’espoir d’un nouvel idéal

S. PM

Juste une petite ode pour les jours sans...

Sèches tes pleurs, ô ma douleur,
Demain un jour nouveau se lève,
L’effigie de nos rêves
Nous sommes des créateurs
Candidats au bonheur
Il est temps de changer,
Hier était un cri
Aujourd’hui une peine
Demain je te conjure ô mon amour
Sera chantant !

S. PM

S'HAIMER

Mal à en crever,
Au plus profond de soi,
Dans son cœur, dans son corps…
Mal, douleur inexprimée…
Violence latente en attente d’imploser…
Oh douleur, ma douleur pourquoi ne pas m’avoir épargnée…
Oh je t’en pries, Apaises ma peine…
J’ai mal à mon cœur, j’ai mal à mon âme,
J’ai mal à ma vie…
Ne plus pouvoir penser…
S’aliéner…
Devenir autre, être cet autre…
Cet autre qui nous échappe, nous détruit…
Cet autre…
Ne voir dans la psyché que le reflet sans teint d’un spectre en mal de vie…
Souffrir pour le salut de l’âme, perdue à tout jamais,
Dans les méandres de l’amour…
Oui j’ai aimé, aimé à en mourir,
Aimé de tout mon cœur de toute mon âme,
J’ai joué de l’amour qui c’est joué de moi,
Me plongeant dans l’abîme d’une torture sans fin
Si c’était à refaire je vous l’avoue sans crainte je me pervertirai,
J’userai et même abuserai des vices de la chair,
J’aimerai sans retour pour le plaisir d’aimer,
Je donnerai mon corps, je donnerai ma vie,
Mais j’aimerai sans fin…
Si vivre c’est aimer, et qu’aimer c’est souffrir, alors oui je le dis mon Dieu, je suis encore vivante…
Qu’on m’exhorte sil le faut, qu’on sacrifie mon âme,
Mais dam, oh grand jamais je ne cesserai d’aimer…

S. PM

29.12.2005

BOURRASQUES EMOTIVES

Sur la feuille livide
L’encre coule, crie, se vide
Jeux d’ombres sans lumière
Obscurité amère
Parcelle d’indicible
Caresse l’invisible

Frêle plume essuie
Mes rêves mes non dits
D’un délié à l’autre
Fantasmes devenus vôtre
Parcourant mes non-sens
Exacerbe encense
Mes songes chimériques
Fantasques, oniriques.

O frêle plume pleure
Les mots perlent et meurent
Tour à tour échoués
Sur la grève acculés
Et les mots qui s’enlacent
De l’instant laissent trace
N’ayant fi des années
Les empreintes sont figées

Ô frêle plume frôle
Le pâle papier usé
Et l’écriture enjôle
Les visages éplorés
Hiéroglyphes, caractères
L’indicible prend matière
De pleins et de remplis
Le papier s’est noirci

Ô frêle plume m’emporte
Au gré de ma folie
Ce grain un temps exhorte
Des bourrasques de pluie
Tempêtes émotives
Les sentiments se clivent
Virevolte marionnette
Les mots sont gouttelettes

Passions et déraison
Des colères à foison
La feuille mon exutoire
Ma main un défouloir
Aussi pure soit-elle
La feuille se corrompt
Sous l’emprise infidèle
De mes rêves vagabonds

Ô joute littéraire
A quel point m’indiffère
Seul importe l’instant
Où ma colère s’éteint
Sous la plume s’épand’
De doux rires cristallins

Ô frêle plume panse
Mon vague à l’âme en peine
S’étiole une romance
Un frisson dans mes veines
Seul en mon sein demeure
Ma vive solitude
Lancinante douleur
Que la plume n’élude

Et la plume se voûte
Se courbe et s’arque boute
Défiant le blanc papier
A jamais entaché
Si le vide demeure
Perdure une lueur
Etincelle de vie
Ce soir il n’est plus nuit.

S. PM

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