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03.01.2006
A votre santé!
Vous étiez là si près et pourtant si lointain.
L’à côté n’était rien.
Le café du vieux Jil qui jouxtait la maison
Avait si fier allure
Du haut de vos dix ans
Etrange étrangeté que vous aimiez croiser
Que vous aimiez rêver
Que vous rêviez braver
Du haut de vos dix ans.
Etait-ce l’interdit qui encensait votre âme ?
Ne pouvoir pénétrer
Dans l’antre confinée
Qui du soir au matin
Accueillait la dérive
Dérive des lendemains
Des lendemains sans rive.
Qui n’avaient de chantant
Que les voix rocailleuses
Apres et sirupeuses
Des pochards militants.
Ou était-ce l’odeur émanant du palier ?
Vous aimiez tant humer les relents de lambic
Qui exaltaient matin
Les odeurs de sciures, d’alcool et d’arsenic
Qui affluaient en vain
Vos papilles en alerte
Captaient le moindre élan
De vieille verveine verte
De picon ou de blanc
A chaque aspiration
Vous abreuviez sans fin
Vos vastes inspirations
Aux saveurs de lointain.
Sans doute était-ce là votre premier voyage.
Tapis derrière le fer
Du rideau de misère
Vous galopiez sans avancer
Sans même bouger
Vous avanciez.
Parcourant les méandres
Dédales et catacombes
Labyrinthes sans fond
Traboules du vieux Lyon.
Vous erriez sans maux dire.
Voyage personnel
Intemporel.
Que nul de su saisir.
Sans doute était-ce là votre ultime mirage.
Celui-là même que vous explorez
Que vous explorerez
Demain.
Aujourd’hui.
Intérieur, destructeur.
Voyage de l’infini
Sans limite
Sans contour,
Toujours.
De désir en plaisir
Vos passions s’aguerrissent
Vous n’êtes plus que subir
Même les roses flétrissent.
Aujourd’hui affalé,
Accablé,
Acculé aux abords
D’un piètre coin de table
Vous quittiez le dehors
L’intérieur vous accable.
Vous aviez tant rêvé
Juste un instant partir
Vous aviez tant souhaité
Ne jamais revenir
Mais les verres ont filé
Doucement défilés
Vous les avez laissé
Un à un s’écouler
Laisser pleurer les verres
Sangloter la misère
L’alcool coule à flot
Dans vos veines le cahot
Houblon ou mescaline
Tequila aspirine
O rêves d’opaline
Ivresse clandestine
Immuable dessein
Veilles sans lendemain
Première gorgée de bière
Un psaume une prière
Mais le vide vous emplit
Vous assaille, vous détruit
Vous recherchiez l’essence
Le sens
Dans l’absence retrouvez
Sa présence
Hypothétique leurre
Trompe l’œil et puis meurt
Voyageur éthylique
D’un mirage alcoolique
Il est temps d’arrimer
Le navire a sombré
Laisser pleurer les verres
Sangloter la misère
Laisser grincer la vie
Demain il sera nuit…
08:30 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
Texte magnifique, bien que je sois pour ma part une piètre poéte, je trouve votre texte d'une grande beauté...
Ecrit par : Sam | 14.01.2006
@Sam: merci beaucoup... Tu sais le vouvoiement n'est pas une obligation... ;-)
Ecrit par : sonia | 15.01.2006
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