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19.01.2006
Jugement final
La nuit venait de détrôner le jour…
Toute à son aise elle pris ses marques…
Imposante, profonde, insaisissable, elle imposait ses droits…
Pas une ombre au tableau, pas un souffle de vie…
Imposante maîtresse de l’ombre…
L’insidieuse se pare, se prépare, drapant de son linceul la ville déjà soumise…
Elle a vaincu le jour et ses faibles détours… Mais elle veut plus encore, être seul maître à bord…
Elle se veut seule ce soir…
Se suffir simplement…
Elle se veut seule ce soir…
Détruire tout simplement…
Habit de circonstance, elle s’est vêtue de noir, spectre macabre et menaçant…
Elle s’installe peu à peu, rampante et sinuante… Frôlant sur son passage les fantômes vivants…
Etranges âmes en peine, en quête d’existence…
Etranges âmes en quête, en peine d’existence…
La vie pourtant est là, faible, innocente, presque inaudible, invisible…
Lueurs, bribes de vie… enfermée, contrôlée par la maîtrise humaine…
En boîte la lumière… Elle est si bien guidée, orientée, orchestrée…
Innocents réverbères…
A chaque ombre sa lumière, à chaque lumière son ombre…
Illusoire vivacité…
La nuit sait être patiente, le temps son associé, l’aide dans sa sombre destinée.
Les heures qui tout à l’heure défilaient à tout vent, semblent s’être arrêtées.
Les aiguilles maîtrisées égrainent lentement les minutes et les heures.
Le temps est arrêté…
Sortant de sa torpeur, d’un coup jaillit la vie.
Un cri profond et terrifiant déchire la ville endormie…
Un cri… un seul cri, rappelant un instant que l’espèce survit.
Une ombre s’estompe une silhouette s’inscrit…
Une bête, animal…un cadavre en sursit…
La forme avance, hoquetante, trébuchante… Se rattachant aux ombres éparsent …
Lueur de vie, faible espérance… Regard perdu, hagard…
La nuit a son combat qu’elle souhaite mener à terme,
Détruire, détruire encore…
Détruire, détruire toujours…
Elle sait que son dessein sera tronqué à l’aube,
Que soleil et lumière vont envahir la terre,
Et qu’en quelques instants la nuit sera poussière…
S’approchant lentement l’homme peu à peu transparaît…
Visage marqué, tourmenté,
Cerné, ridé, presque décomposé…
Il se sait en suspens…
Suspendu dans le temps…
Sur une corde, un fil…
Il se sait en attente…
IL se sait, mais refuse…
Trop longtemps il a subit, enduré, toléré…
Trop souvent…trop longtemps…
Humilié, mortifié…
A l’orée du trépas il veut enfin prouver,
Démontrer, s’insurger…
Se prouver qu’il est autre,
Qu’il n’est pas de ces gens, qui acceptent et s’inclinent,
Il n’est pas de cette masse qui s’abaisse, et adhère…
Il est seul survivant,
D’un monde en déchéance,
Il est seul combattant,
D’un peuple en décadence…
Ses paires ont abdiquées,
L’échine baissée en signe de soumission,
Ses frères ont accepté
Dans l’attente d’une rédemption,
Il frôlait la mort qui le traquait en vain,
Attendant patiemment le moment oportun,
De le faire trépasser vers de sombres esseins…
Mais il se savait autre, capable de prouesses,
Coupable d’allégresse…
Capable de lutter,
Jusqu’au jugement dernier…
Jusqu’à la lutte final…
Le combat inégal…
Il se voulait vivant, sentiment d’existence,
Ne pas juste passer…
Vivre pleinement chaque instant…
Vivre pleinement, intensément…
Ne pas survivre…
La nuit esquisse un macabre sourire,
Presque étonnée de cette facilité…
Elle pensait s’acharner, combattre se surpasser,
Elle n’avait qu’à mirer…
De son œil lugubre,
Elle n’avait qu’à laisser,
Laisser le temps agir, laisser le temps sévir…
L’homme allait abdiquer…
De cette démission elle sortirait grandit,
Une fois encore, elle aurait pris la vie…
Mais l’homme se refusait,
Il se savait perdu, mais déniait la mort,
Elle n’aurait pas son corps elle n’aurait pas sa vie,
Il allait leur prouver qu’il était insoumi…
Toute sa vie il avait toléré,
Il avait marché droit sous les drapeaux flottants,
Il s’était incliné, abaissé,
Il avait même rampé,
Si son cœur disait non, il répondait oui,
Il n’avait jusque là enduré que mépris…
Son corps dès lors se refusait,
Ses membres le lachaient,
Bras et jambes s’opposaient,
Ils avaient trop donné trop longtemps enduré…
Mais il restait son âme, qui elle supporterait,
Elle serait son salut, son gage de vertue…
Avec cet allié il se savait sauvé…
Elle avait tout vécu, tout vu, tout entendu,
Elle serait Avocat devant Le tribunal,
Et même s’il le faut procureur général,
Elle porterait la robe, supporterait la toque,
Assignerait la vie, condamnerait la mort,
Elle serait tour à tour plaignant et défenseur,
Pour enfin terminer seul juge sans assesseur,
Elle rendrait son verdicte, son jugement final,
Il serait le Gracié, reconnu non coupable…
Tous ses conspirateurs, la nuit avec la mort,
Seraient à tout jamais déboutés de leur sort…
L’homme se leva, et marcha,
pour la toute première fois
il se sentit vivant…
Se sentit pleinement…
Son cœur semblait s’emplir de mille sentiments,
Amour, bonheur, s’envolaient à tout vent,
Il se sentit comblé, apaisé
Simplement libéré…
Homme, il était homme, prêt à se relever,
Homme, il était l’homme qu’il avait tant souhaité…
S. PM



Commentaires
L'ame de l'etre au chevet de sa mortalité. La nuit et le jour se disputant le trone du temps et de la vie. Leurs éternels combats durent le temps d'une aube et d'un crépuscule. La ville ou la campagne, havre des etres, submergées par la couleur sombre de la nuit et la lumière du jour. Quand le jury du Tribunal rend son verdict en reconnaissant l'etre non coupable, ce dernier est acquitté mais il n'est pas gracié... L'etre n'est pas infaillible, commet des erreurs, tombe et se reléve, subit des hauts et des bas, se délecte dans ses joies et s'attriste suite à ses peines mais il vit. Vie qui s'achévera puisqu'il est mortel. Un corps se drappant dans un linceul et une ame qui vaguera vers le ciel. Une épitaphe comme seul leg à l'humanité et des enfants qui garderont l'embléme...
Sonia,
Une verticalité textuelle époustouflante et un chevauchement fluide de mots, de phrases simples et limpides. Juste un petit bémol : des petites et rares coquilles qui se nichent dans certains vers au risque de dénaturer leurs sens ;)
Un grand Merci à ta plume et Bonne journée...
PS: Mes premières lignes constituent mon interprétation de ton écrit et ce que j'ai reçu comme message en te lisant.
Ecrit par : dima | 19.01.2006
Sonia,
Epoustouflante balade avec tes mots. Stupéfiante et édifiante rencontre avec tes textes. À la fois un univers surprenant et merveilleux qu’est le tien.
Tu nous entraînes dans une formidable randonnée, à la fois au pas de course, à la fois en nous laissant reprendre notre souffle : pour admirer le paysage que tu nous offres si généreusement.
Epatant jeu de phrases.
Très beau texte tout simplement
Lynn
Ecrit par : Lynn | 19.01.2006
Comment dire...
J'ai lu, j'ai relu et puis je me suis levé et j'ai marché.
Il se passe quelque chose. Comme une sensation d'être dans le texte. De vivre le texte.
C'est fort.
Ecrit par : Roger | 19.01.2006
Roger,
Je vous comprends amplement quand vous dites "J'ai lu, j'ai relu et puis je me suis levé et j'ai marché. Il se passe quelque chose" mais ce qui serait intéressant, pour nous, est de développer votre propre ressenti poètique car je suis sur que vous pourriez avoir du répondant face aux mots de Sonia et croyez moi cela nous sera bénéfique à nous toutes/tous.
O critique quand tu nous tiens ! critique positive ou critique négative mais critique quand meme. On appelle cela échange intéractif poétique...
J'ai eu envie de vous adresser ces quelques lignes parce que je ne crois pas que la poetesse qui vit en Sonia a besoin d'éloges vagues ou autres flatteries superflues, ce qui ne constitue pas l'essence de vos propres propos... rassurez-vous ;)
PS: Pardon Sonia mais j'adore l'échange poétique... une évasion sublime à part...
Ecrit par : dima | 19.01.2006
Roger,
Vos textes à vous portent la même profondeur.
Roger, Sonia,
Ce sont les rares blogs où il m'est arrivée, le plus souvent dois-je avouer, de relire plus d'une fois un texte: c'est dire combien vous tenez en haleine la lectrice que je suis.
Des fois , il m'arrive de faire plus d'un passage avant de me décider de laisser une trace écrite, c'est dire ô combien les mots parfois sont incapable d'exprimer ce que l'on ressent .
Lynn
Ecrit par : Lynn | 19.01.2006
@Dima, merci pour votre commentaire. "Les coquilles" ne sont pas rares... Je souffre de "dysorthographie" dixit Mr Robert)... Terme que je trouve très joli, et sa définition encore plus "trouble d'acquisition de l'orthographe"...
@Lynn, merci beaucoup pour tes gentils commentaires....
@Roger, MERCI, vos commentaires mes laissent toujours penser que vous avez saisi un peu de ce que j'ai souhaité transmettre...
@Dima (bis) je ne répondrai pas à la place de Roger mais pour ma part ses mots sont importants, ils expriment un ressenti, son ressenti...
C'est ce qu'il a de plus important lorsqu'on se donne à lire...
Je n'attends pas un "éloge" ni n'attends forcément une critique... juste un ressenti...
Je ne vois pas vraiment la poétesse qui sommeil dans mon fort intérieur (ou alors dort elle profondément) juste une nécessité de mettre des mots sur mes maux...
Ecrit par : sonia | 19.01.2006
@Lynn, re merci... je comprends la difficulté de mettre des mots sur un texte, ce n'est pas simple, souvent je vogue sans rien noter, les mots me manquent...
Ecrit par : sonia | 19.01.2006
Bonsoir Sonia,
Juste par rapport à mon second commentaire, J'ai attiré votre attention, par le biais de mon PS, sur le fait que je souhaitais connaitre un ressenti plus développé de Roger vis à vis de votre écriture afin de découvrir une autre interprétation à part la mienne. C'est tout ! Il s'agissait au fait, comme je l'avais déjà évoqué, d'un échange intéractif poétique, espéré de ma part, comme il se passe sous d'autres cieux virtuels littéraires...
Quant aux coquilles je reste persuadé que la dénaturation des sens des mots reste plausible. Sinon à quoi bon l'orthographe et la grammaire et surtout imaginez, un instant, Rimbaud ou Ronsard en train d'écorcher la langue de Molière ; chose qu'ils ne se permettaient pas mais si c'était le cas il n'auraient pas été des grands poétes nonobstant les métaphores, les rimes et l'ivresse des sens...
Je vous souhaite sincérement une écriture prolifique ainsi qu'une bonne continuation...
Ecrit par : dima | 20.01.2006
Dima,
Merci beaucoup pour l'interet que vous portez sur le ressenti que je pourrai avoir à la lecture des textes de Sonia.
Je ne sais pas très bien ce qu'est un "ressenti poetique" en fait... Je ne connais qu'un seul ressenti : celui du lecteur.
Quant à la question d'avoir du répondant face aux écrits de Sonia, je ne comprends pas très bien...
Nous ne jouons pas au ping-pong, ou pire à une joute textuelle.
Sonia écrit à partir de ce qu'elle a en elle et ses textes se suffisent à eux-même et nous leurs devons tous le respect qu'ils méritent (Sonia et ses textes).
Ainsi, je ne peut et ne veutuniquement que décrire ce que m'évoque la lecture d'un texte, et c'est ce que je fais. Je pourrais allonger mes commentaires en détaillant plus les souvenirs qu'ils réveillent en moi, mais à quoi bon raconter ma vie. Ce qui est intéressant c'est de savoir que son texte réveille quelque choses chez le lecteur, et c'est ce que j'essaye de dire à Sonia. J'éspère que cela lui suffit.
Ceci dit j'essaierai à l'avenir d'être plus explicite sur les types de souvenirs que cela m'évoque.
Quant à la manière dont les textes sont construits et réalisés, c'est par ce qu'ils nous évoquent que Sonia sait si elle a réalisé ce qu'elle voulait (par exemple susciter plusieurs interpretations). Il faut laisser l'écrit tel qu'il est. Je pourrai dire "j'aurai dit cela comme ça", mais cela n'apporterai rien. Ce qui compte c'est que Sonia le dise comme elle veut le dire!!
Et puis pour finir, je ne suis ni poete ni écrivain, juste bloggeur. Alors il ne faut tout de même pas donner trop de valeur à mes commentaires!
Et le temps dont je dispose pour cette activité est limité...
Merci de votre compréhension et de votre intérêt.
J'espere ne pas vous avoir décu par ma réponse.
Roger
Ecrit par : Roger | 20.01.2006
*Avec toutes mes excuses pour les fautes mais une main me joue actuellement des tours...
Ecrit par : Roger | 20.01.2006
@Dima: désolé pour les "fautes" mais comme dit Roger je suis juste "blogueuse"...
@Roger: Merci pour ce commentaire qui est en lien avec ce que je tentais d'exprimer à Dima sans trouver les mots justes...
Ecrit par : sonia | 20.01.2006
Roger, Sonia
Le malentendu :
"Quant à la question d'avoir du répondant face aux écrits de Sonia, je ne comprends pas très bien...
Nous ne jouons pas au ping-pong, ou pire à une joute textuelle.
Sonia écrit à partir de ce qu'elle a en elle et ses textes se suffisent à eux-même et nous leurs devons tous le respect qu'ils méritent (Sonia et ses textes)."
1- Le répondant : c'était une façon (maladroite peut etre) pour moi de m'exprimer afin de vous signifier qu'on peut échanger encore plus à travers nos ressentis innocemment développés...
2- Le ping-pong : Je suis désolé mais je n'y ai jamais pensé et d'ailleurs ce n'est point l'objet d'un échange constitué par les avis des lecteurs ayant trait à un poème X, Y ou Z...
3- Le respect : Il est avant tout tacite mais je me demande à quoi sert d'exposer des textes sur le net ou les faire lire dans une assemblée (genre atelier d'écriture et de lecture ou des salons littéraires, dont je fais le rapprochement avec ce présent blog puisque je les fréquente parfois quand le temps me le permet...) si ce n'est pas pour les discuter et en jouir à part les lire et de les commenter brièvement ?
4- Blogueurs : On l'est tous (bien évidemment quand le temps loisir nous le permet) mais pour moi le dessein essentiel est de joindre l'utile à l'agrèable sinon si c'est pour uniquement lire et de vaguer à ses activités professionnelles, ma foi un bon recueil de poèmes en version papier est plus intéressant ;)
5- Je crois que j'ai commis une erreur en confondant le présent blog avec d'autres espace virtuels littéraires où la discussion est de rigueur...
6- Bon Appétit, Bonne Journée et encore une fois toutes mes sincéres excuses si je me suis mal exprimé (à moins qu'on m'ait mal interprété) préalablement !
Ecrit par : dima | 20.01.2006
@Dima: A la lecture de votre commentaire je me dis que les mots peuvent parfois (souvent) blesser ou transformer notre pensée. Je m'escuses sincèrement si je me suis mal exprimée...
Le "blog" est pour moi une nouveauté. ecrivant depuis quelques années déjà j'avais envie de partager mes écrits tout en ayant quelques noeuds au ventre car il n'est vraiment pas simple de se donner à lire. Je suis heureuse des commentaires de tous ceux qui passent, si certains me touchent davantage, j'apprécie tous les regards... Alors merci à vous de votre présence et de votre "esprit critique"...
Je ne sais pas si ce blog corespondra à vos attentes, il est juste une partie de moi même...
Ecrit par : sonia | 20.01.2006
Sonia,
Votre partie de vous meme je l'adore déjà ;) qu'est ce que cela serait si je vous découvre entiérement un jour ! :))
Non, vous n'avez pas à vous excuser. Vos vers et votre écriture ont déjà parlé pour vous avant d'avoir eu l'amabilité de répondre à mes commentaires.
A bas les malentendus...
Ecrit par : dima | 20.01.2006
@Sonia : visiblement je n'ai pas trouvé les mots justes non plus
@Dima : Je pense que nous ne comprenons pas et je ne me retrouve pas dans tout ce que vous décrivez. J'en suis même blessé.
Dois-je vraiment répondre?
Ecrit par : Roger | 20.01.2006
Je n'y connais pas grand chose dans l'art de "versifier", l'important pour moi fut l'émotion qui s'en est dégagée, forte et elle le reste parce qu'elle me rappelle...
Bien à vous tous
Ecrit par : Aslé | 21.01.2006
@Aslé, merci.....
Ecrit par : sonia | 21.01.2006
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