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29.01.2006
Jo
Jo avait peur ce matin... Ventre noué, mains torturées...
Le soleil écrasant, à peine commençait à pointer. Pourtant la chaleur était déjà prégnante. A elle seule, étouffant la ville encore endormie.
Jonchés, à même le sol, seuls quelques cadavres humains venaient rappeler qu'hier encore vibraient les affres de la vie.
Ca et là, des bouteilles vides, éventrées entassées. Parfois même encore aux mains d'hirsutes personnages, méconnaissables au regard de l'humain.
Morts, ne l'étaient ils sans doute pas. Pourtant, l'agonie de l'alcool, les avaient transformés.
Infâme loque humaine.
Ramassi de tristesse, de honte, et de Malheur.
Quelle terrible société permettait de semblables horreurs?
Quelle terrible société transformait ses semblables de la sorte?
Quelle terrible Humanité pouvait tolérer en son sein de pareilles offenses?
Jo tremblait plus encore. La peur l'étouffait, seuls le faisait tressaillir de temps à autre les soubresauts de son corps... de son âme.
OUVRIR, OUVRIR les portes, les fenêtres... HURLER.... Laisser rentrer la vie... HURLER....
La vie? Mais quelle vie?...
Jo retomba...
Qu'était elle advenue sa vie? LA VIE prônée et adulée?
Cette vie dans laquelle il ne se retrouvait pas, ne se sentait pas, n'existait pas.
Tel le firmament elle lui était apparue, puis très vite l'éclipse.
Saisir tous les instants présents, les instants de bonheur, les instants, les instants...
Que sont ils advenus....
Jo retomba davantage.
Seule sa main fit un geste d'appel, lentement Jo saisit une cigarette, dernier recours, dernier plaisir.
Il la saisit avec la grâce du mourant, l’alluma et pleura.
Dehors, la vie reprenait lentement son long cours.
Le soleil égrenait peu à peu ses rayons.
Eboueurs, balayeurs, masquaient l'irréparable, l'innommable.
Les balais se heurtaient aux canettes évidées, éventrées. Parfois, à leur insu, se cognaient aux corps gisant. Beaucoup trop ensuqués pour comprendre l'appel.
Les balais reprenaient alors leur danse, enlaçant les bouteilles, les faisant tournoyer dans un balai final.
Le vieillard aux aurores, usé, fatigué, usagé même, complétait le tableau.
De son pas lent, ténébreux, il arpentait la ville, ayant pour seul dessein son pain et son journal.
Rituel bien huilé... imparable, irrévocable...
Seul un sursaut de mépris le rapprochait des hommes à la vu du spectacle.
Seul un sursaut. La vie reprend son cours.
Mais la vie est sournoise, elle sait cacher son mal. A l'aube du matin elle sait ronger son frein.
Tout semble immaculé.
Les travailleurs ont travaillé, les promeneurs ont cheminé, tout est en ordre. La vie reprend ses droits.
Jo n'en peu plus.
Cigarette consumée, Jo attrape une bière... Bière... Mise en bière... en cercueil... Seconde cigarette...
Seconde mise en bière... Cigarette... cercle fermé...
Un raclement de gorge lui rappelle l'excès de cigarettes... qu'importe... Le mal par le mal... Une nouvelle cigarette.
Son cerveau tel un étau semble se resserrer, ses tempes l'oppressent, l'oxygène manque..
Le mal, le mal absolu qui ronge de l'intérieur, intérieurement.
Ne plus penser... surtout ne plus penser...
Mais l'âme a ses secrets. Complice de la vie elle sait être insidieuse. Passée maître en la matière, elle aime torturer.
Qui n'aime pas la vie, ne peut ne s'y résoudre.
L'âme, amer, vient le lui rappeler. Jo est son serviteur.
Dehors la vie fait son ménage.
Badauds et promeneurs ont investi la ville. Les enseignes criardes aux couleurs outrageantes tentent de dissimuler la grisaille des murs.
Les commerçants ouvrent boutique, chacun se gausse, chacun s'esclaffe. Chacun tente d'oublier son mal être intérieur, tentant de LA dompter...
La dompter cette vie, la masquer, l'esquiver, en jouer... Tromper pour faire avec...
N'ayant pas le courage de la confrontation chacun préfère se taire... se terre...
Terrible offense!
Jo n'est pas dupe...
Jo a été comme ses semblables... Il l'a dompté la douloureuse.
Jo ne peut plus masquer son mal, rongé par la douleur, contraint à abdiquer.
Jo du enfin LA confronter. Duel ignoble, inéquitable, pauvre homme, misère humaine. Combat joué d'avance.
Jo s’effondra, Jo s’excusa...
Aux prémices du jour nouveau, la vie croisa la mort...
Jo s’inclina...
Oh Jo..., mon vague à l’âme... Mon âme en peine...
J’ai mal, si mal...
Tout s’éteint autour de moi...
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25.01.2006
A toi...

Mon sarment de vie
Ma douce candeur
Ma joie, ma folie
Mon simple bonheur
Petite chrysalide
S’est bien vite envolée
Un frôlement rapide
Ses ailes sont déployées
O jolie demoiselle
Tu cours et tu grandis
Ne fermes pas tes ailes
Laisses glisser la pluie
Laisses glisser les eaux
La rosée du matin
Laisses couler les mots
Sur ta peau de satin
O ma douce Colombe
Colombine tu t’en vas
Doucement tu chemines
Demain tu vogueras
Où sont tes premiers cris
Tes tous premiers émois
Aux anges tu souris
Mon ange à moi c’est toi.
Et ton sourire désarme
Les âmes aguerris
Il n’est plus une larme
Il n’est plus une nuit.
O ma douce chimère
Mon rêve onirique
Tu m’as révélé mère
Princesse mirifique
Mon sarment de vie
Ma douce candeur
Ma joie, ma folie
Mon simple bonheur…
S. PM
12:10 Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
21.01.2006
Jo 2
(Parce que Jo 2 me remue moins que Jo, il vient s’insérer en premier..)
Oh Jo, mon vague à l’âme, mon âme en peine,
J’ai mal, si mal…
Tout s’éteint autour de moi…
Oh Jo, ma vie, mon leurre, mon illusion…
Désillusion…
Echouée sur les berges de la vie…
Je lutte, lutte, tentant de m’accrocher…
Me raccrocher…
J’entends le glas sonner…
Je les ai vu se rassembler, tes amis, ta famille,
Je les ai vu te pleurer, accablés, culpabilisés…
Une oraison funèbre pour toi qui a tout fui…
Une oraison funèbre pour moi qui reste ici…
Je connais tes ténèbres comme tu connais les miennes,
Fais moi connaître les cieux , laisses moi fermer les yeux…
Docilement tu t’es laissé happer, oubliant un instant qu’il te fallait lutter…
Tout doucement tu m’as abandonné, oubliant un instant qu’il ME faudrait lutter.
Nos cœurs étaient semblables, troublés, tourmentés, cherchant à exister,…
Les mêmes tourments, assentiments, même volonté de s’accepter
Enfance docile… Facile même…
Je me pose ces questions que tu t’es tant posées…
Tentant de mieux comprendre nos destins avortés…
Nous étions nés du bon côté,
A pile ou face c’est Marianne qui est tombée…
A pourtant bien y regarder...
Y a t il une face privilégiée ?
C’était babord ou bien tribord,
Tangage, passage par dessus bord,
Mais au delà des océans le monde est il si différent ?
Oh Jo, mon vague à l’âme, mon âme en peine,
Ma délivrance, mon existence…
J’ai mal, si mal…
Dans mon fort intérieur, dans mon cœur, dans mes veines, je te veux exister.
Sentir couler ton sang au sein de mes artères, entendre battre ton cœur tout contre ma poitrine…
Respirer tes odeurs, entendre ta folie…
Crier avec ta voix, pleurer avec tes larmes, vibrer à même ton âme…
Oh je t’en prie Jo, entends moi…
Je recrérai le monde, transformerai la vie,
Composerai des mots, inventerai des folies,
Nous aurons nos couleurs, nos rêves et nos envies
Avec pour seule contrainte une palette infinie…
Illusion de l’espoir…
Croire que tout est possible
Que mes rêves illusoires ne sont pas que chimères…
Que le mal intérieur ne soit pas seul vainqueur…
Oh Jo je t’en prie…
Laisses moi clore les yeux,
Pour une fois je t’en prie,
Laisses moi dire Adieu…
Oh Jo, mon vague à l’âme, mon âme en peine,
J’ai mal, si mal…
Tout s’éteint à l’intérieur de moi…
S. PM
17:30 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
19.01.2006
Jugement final
La nuit venait de détrôner le jour…
Toute à son aise elle pris ses marques…
Imposante, profonde, insaisissable, elle imposait ses droits…
Pas une ombre au tableau, pas un souffle de vie…
Imposante maîtresse de l’ombre…
L’insidieuse se pare, se prépare, drapant de son linceul la ville déjà soumise…
Elle a vaincu le jour et ses faibles détours… Mais elle veut plus encore, être seul maître à bord…
Elle se veut seule ce soir…
Se suffir simplement…
Elle se veut seule ce soir…
Détruire tout simplement…
Habit de circonstance, elle s’est vêtue de noir, spectre macabre et menaçant…
Elle s’installe peu à peu, rampante et sinuante… Frôlant sur son passage les fantômes vivants…
Etranges âmes en peine, en quête d’existence…
Etranges âmes en quête, en peine d’existence…
La vie pourtant est là, faible, innocente, presque inaudible, invisible…
Lueurs, bribes de vie… enfermée, contrôlée par la maîtrise humaine…
En boîte la lumière… Elle est si bien guidée, orientée, orchestrée…
Innocents réverbères…
A chaque ombre sa lumière, à chaque lumière son ombre…
Illusoire vivacité…
La nuit sait être patiente, le temps son associé, l’aide dans sa sombre destinée.
Les heures qui tout à l’heure défilaient à tout vent, semblent s’être arrêtées.
Les aiguilles maîtrisées égrainent lentement les minutes et les heures.
Le temps est arrêté…
Sortant de sa torpeur, d’un coup jaillit la vie.
Un cri profond et terrifiant déchire la ville endormie…
Un cri… un seul cri, rappelant un instant que l’espèce survit.
Une ombre s’estompe une silhouette s’inscrit…
Une bête, animal…un cadavre en sursit…
La forme avance, hoquetante, trébuchante… Se rattachant aux ombres éparsent …
Lueur de vie, faible espérance… Regard perdu, hagard…
La nuit a son combat qu’elle souhaite mener à terme,
Détruire, détruire encore…
Détruire, détruire toujours…
Elle sait que son dessein sera tronqué à l’aube,
Que soleil et lumière vont envahir la terre,
Et qu’en quelques instants la nuit sera poussière…
S’approchant lentement l’homme peu à peu transparaît…
Visage marqué, tourmenté,
Cerné, ridé, presque décomposé…
Il se sait en suspens…
Suspendu dans le temps…
Sur une corde, un fil…
Il se sait en attente…
IL se sait, mais refuse…
Trop longtemps il a subit, enduré, toléré…
Trop souvent…trop longtemps…
Humilié, mortifié…
A l’orée du trépas il veut enfin prouver,
Démontrer, s’insurger…
Se prouver qu’il est autre,
Qu’il n’est pas de ces gens, qui acceptent et s’inclinent,
Il n’est pas de cette masse qui s’abaisse, et adhère…
Il est seul survivant,
D’un monde en déchéance,
Il est seul combattant,
D’un peuple en décadence…
Ses paires ont abdiquées,
L’échine baissée en signe de soumission,
Ses frères ont accepté
Dans l’attente d’une rédemption,
Il frôlait la mort qui le traquait en vain,
Attendant patiemment le moment oportun,
De le faire trépasser vers de sombres esseins…
Mais il se savait autre, capable de prouesses,
Coupable d’allégresse…
Capable de lutter,
Jusqu’au jugement dernier…
Jusqu’à la lutte final…
Le combat inégal…
Il se voulait vivant, sentiment d’existence,
Ne pas juste passer…
Vivre pleinement chaque instant…
Vivre pleinement, intensément…
Ne pas survivre…
La nuit esquisse un macabre sourire,
Presque étonnée de cette facilité…
Elle pensait s’acharner, combattre se surpasser,
Elle n’avait qu’à mirer…
De son œil lugubre,
Elle n’avait qu’à laisser,
Laisser le temps agir, laisser le temps sévir…
L’homme allait abdiquer…
De cette démission elle sortirait grandit,
Une fois encore, elle aurait pris la vie…
Mais l’homme se refusait,
Il se savait perdu, mais déniait la mort,
Elle n’aurait pas son corps elle n’aurait pas sa vie,
Il allait leur prouver qu’il était insoumi…
Toute sa vie il avait toléré,
Il avait marché droit sous les drapeaux flottants,
Il s’était incliné, abaissé,
Il avait même rampé,
Si son cœur disait non, il répondait oui,
Il n’avait jusque là enduré que mépris…
Son corps dès lors se refusait,
Ses membres le lachaient,
Bras et jambes s’opposaient,
Ils avaient trop donné trop longtemps enduré…
Mais il restait son âme, qui elle supporterait,
Elle serait son salut, son gage de vertue…
Avec cet allié il se savait sauvé…
Elle avait tout vécu, tout vu, tout entendu,
Elle serait Avocat devant Le tribunal,
Et même s’il le faut procureur général,
Elle porterait la robe, supporterait la toque,
Assignerait la vie, condamnerait la mort,
Elle serait tour à tour plaignant et défenseur,
Pour enfin terminer seul juge sans assesseur,
Elle rendrait son verdicte, son jugement final,
Il serait le Gracié, reconnu non coupable…
Tous ses conspirateurs, la nuit avec la mort,
Seraient à tout jamais déboutés de leur sort…
L’homme se leva, et marcha,
pour la toute première fois
il se sentit vivant…
Se sentit pleinement…
Son cœur semblait s’emplir de mille sentiments,
Amour, bonheur, s’envolaient à tout vent,
Il se sentit comblé, apaisé
Simplement libéré…
Homme, il était homme, prêt à se relever,
Homme, il était l’homme qu’il avait tant souhaité…
S. PM
15.01.2006
Re n'être...
Je suis lasse si lasse, inlassable lassitude…
Si usée, usurpée… quintessence de l’être…
Constamment…
Sentiment de n’être pas… naître pas…
De simplement passer , faire un bout de chemin…
Me mènera t il loin ?…
Essayer d’avancer, essayer… en vain…
Avoir manqué le train… son train, ce traintrain rassurant, apaisant…
L’avoir juste manqué…
les gares sont passées…
Les voir juste passer… Sauter en vol… envol…
M’envoler…
Ne coupes pas mes ailes…
Ne pas n’être…
Subir … sans cesse, et toujours… subir…
Suffir… Se suffir…
Oh non… s’unir,
Faire l’amour à l’infini…
Infiniment…
Sentir ton corps, mon corps… nos corps… corps à corps…
S’unir inlassablement…
De nos corps ne faire qu’un…
L’un sur l’autre, l’autre dans l’un…
N’être qu’un.
Jouir… éprouver ce plaisir… éprouver ton plaisir,
l’approuver…
désir… désir inavoué, passionné…
Enflamant l’incandescente…
Caresses intimes dans mon intimité…
Initiée au plaisir…
Mains égarées sur mon corps dénudé…
Effleurent, déflorent ma fleur …
Ma douceur…
Ta langue au plus profond de l’être…
Défaillir… Se laisser partir…
M’envahir… de ton corps, de ton vi…
De ta vie…
Oh jouir…
Se laisser submerger… ne plus pouvoir penser…
Etre ailleurs…
Tout simplement ailleurs…
Ailleurs…
Dénudé…
Simplicité de l’être…
Etre…
Juste un instant… être…
Re naître…
10.01.2006
Hymne à la peine
Une plainte émanait, dolente et lancinante…
Un gémissement lent,
déroutant.
Une douce mélopée,
modifiée, transformée.
Encensée de douleur et de haine.
De peine.
Un hymne à la joie coulant à même les veines.
Hymne à la peine.
Le vieux Jim faisait grincer son frère de sang.
Etrange phénomène que de voir ces deux êtres unis dans un profond marasme.
Une seule voix, un même cri, unique lien à la vie.
L’un pour l’autre. L’autre enclin à la souffrance de l’un.
Deux âmes torturées, hachurées par la torpeur du temps.
Deux âmes fusionnant.
Le vieux Jim faisait hurler son frère de sang.
Ses deux mains recourbées sur son épine dorsale.
L’épine se soumettait, acceptait la présence de l’autre.
L’opulance de l’autre.
Sa frêle prestance soumise aux doigts agiles, rapides.
Le souffle saccadé du vieux parcourait ses entrailles ;
Souffle qui jadis enflammait tout son être accusait désormais les excès de mal vivre.
L’haleine fétide, exaltait des relents de lambic.
Son corps tout entier transpirait le houblon, son sang n’était que bière. L’échine supportait, tolérait.
Ils n’étaient qu’un.
Partageant les mêmes cigarettes.
Fumant les même mégots.
Aspirant, respirant, inspirant.
Suffocant.
Le vieux Jim faisait pleurer son frère de sang.
L’ emprise du vieux sur l’autre, de l’autre sur le vieux.
Parfaite équitée.
Le vieux adapant son doigté, son palpé. Calquant l’inspiration sur l’émotion de l’un.
Sensible à ses besoins, désirs, volontés.
Attentionné.
Lui seul savait le faire vibrer.
Le sublimer.
Lui permettre d’exister.
L’échine s’adonnait, s’abandonnait guidée par l’exaltation du vieux.
Chacun offrant à l’autre l’improbable possible.
Autour la vie souffrait, se murait.
Mutique, retranchée.
Acculée.
Les deux s’étaient croisés,
L’un banal marginal,
l’autre cloîtré dans sa prison de verre,
son rideau de misère.
Il l’avait miré, admiré.
Contemplé.
Le vieux l’avait payé.
Contre quelques piecettes, il l’avait libéré.
Du regard des passants,
Oppressant, outrageant.
Du regard salissant.
Il l’avait exaucé.
Enveloppé de satin,
Il l’avait protégé.
Caressé, enlassé.
Il l’avait mystifié.
Puis doucement il l’avait défloré.
De ces gestes patients,
Apaisants.
De son amour ardent.
Puis doucement il l’avait embrassé,
porté à ses lèvres mouillées.
Il l’avait fait glissé.
Lentement, tendrement,
il l’avait fait vibrer.
L’autre avait accepté.
Ses sens s’éveillaient.
S’adonnaient.
Les gestes s’accéléraient.
Les doigts, le souffle,
La main, les mains.
Le vieux le transcendait.
Un son, un cri.
Déchirure donnant vie.
Les deux se mélangeaient,
de deux corps ne faire qu’un.
L’un dans l’autre.
L’autre pour l’un.
L’un révélant l’artiste,
le virtuose.
l’autre instrumenté,
révélé.
Les deux créant le rêve.
L’illusion du probable.
L’improbable illusion.
Le possible.
L’impossible.
Les deux maîres du temps,
de l’instant.
Créant, inventant.
Des rythmes insensés,
saccadés.
De douces mélopées.
Créant, inventant.
Innovant.
Les deux exclus du temps.
De l’instant.
Deux âmes damnées.
Révélant l’exception.
Deux âmes chavirées.
Pour une même fusion.
Autour la vie souffrait, se murait.
Mutique, retranchée.
Acculée.
Dedans la vie tangait, valsait.
Unique, passionnée.
Révélée.
S. PM
05.01.2006
Murmure
Les murs s’érigent, les murs se dressent,
En une seule plainte, cri de détresse,
Existe-t-il une seule nation
Exempt de scarification ?
Combien de murs devrons nous endurer
Symbole de haine et de misère
Combien de murs devrons nous supporter
Combien de morts, combien de guerres ?
Pierres tombales, silence sépucral
C’est Berlin qui s’éveille, Israël mène le bal,
Sous couvert de protection,
Coule, coule, le béton…
Mur de honte, mur de haine,
Le sang pleure, les pleures saignent…
J’ai si mal à ma mère,
Ma pauvre mère, ma terre…
L’histoire se vit et se répète,
On change un peu les créations,
Mais au final rien ne s’arrête,
Coule, coule, le béton…
Héritiés d’une terre,
Enfants d’une illusion,
J’ai pris part à la guerre,
Silencieuse soumission….
Dehors un enfant pleure
Quel joli siècle nous traversons…
Partout la vie se meurt,
Mais coule, coule le béton….
S. PM
03.01.2006
A votre santé!
Vous étiez là si près et pourtant si lointain.
L’à côté n’était rien.
Le café du vieux Jil qui jouxtait la maison
Avait si fier allure
Du haut de vos dix ans
Etrange étrangeté que vous aimiez croiser
Que vous aimiez rêver
Que vous rêviez braver
Du haut de vos dix ans.
Etait-ce l’interdit qui encensait votre âme ?
Ne pouvoir pénétrer
Dans l’antre confinée
Qui du soir au matin
Accueillait la dérive
Dérive des lendemains
Des lendemains sans rive.
Qui n’avaient de chantant
Que les voix rocailleuses
Apres et sirupeuses
Des pochards militants.
Ou était-ce l’odeur émanant du palier ?
Vous aimiez tant humer les relents de lambic
Qui exaltaient matin
Les odeurs de sciures, d’alcool et d’arsenic
Qui affluaient en vain
Vos papilles en alerte
Captaient le moindre élan
De vieille verveine verte
De picon ou de blanc
A chaque aspiration
Vous abreuviez sans fin
Vos vastes inspirations
Aux saveurs de lointain.
Sans doute était-ce là votre premier voyage.
Tapis derrière le fer
Du rideau de misère
Vous galopiez sans avancer
Sans même bouger
Vous avanciez.
Parcourant les méandres
Dédales et catacombes
Labyrinthes sans fond
Traboules du vieux Lyon.
Vous erriez sans maux dire.
Voyage personnel
Intemporel.
Que nul de su saisir.
Sans doute était-ce là votre ultime mirage.
Celui-là même que vous explorez
Que vous explorerez
Demain.
Aujourd’hui.
Intérieur, destructeur.
Voyage de l’infini
Sans limite
Sans contour,
Toujours.
De désir en plaisir
Vos passions s’aguerrissent
Vous n’êtes plus que subir
Même les roses flétrissent.
Aujourd’hui affalé,
Accablé,
Acculé aux abords
D’un piètre coin de table
Vous quittiez le dehors
L’intérieur vous accable.
Vous aviez tant rêvé
Juste un instant partir
Vous aviez tant souhaité
Ne jamais revenir
Mais les verres ont filé
Doucement défilés
Vous les avez laissé
Un à un s’écouler
Laisser pleurer les verres
Sangloter la misère
L’alcool coule à flot
Dans vos veines le cahot
Houblon ou mescaline
Tequila aspirine
O rêves d’opaline
Ivresse clandestine
Immuable dessein
Veilles sans lendemain
Première gorgée de bière
Un psaume une prière
Mais le vide vous emplit
Vous assaille, vous détruit
Vous recherchiez l’essence
Le sens
Dans l’absence retrouvez
Sa présence
Hypothétique leurre
Trompe l’œil et puis meurt
Voyageur éthylique
D’un mirage alcoolique
Il est temps d’arrimer
Le navire a sombré
Laisser pleurer les verres
Sangloter la misère
Laisser grincer la vie
Demain il sera nuit…
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01.01.2006
...
J’ai rêvé de soleil, de lumière d’étincelles…
J’ai rêvé, aspiré, fantasmé
J’ai rêvé
J’ai souhaité croire encore,
A corps perdu,
Mon cœur perclu,
Transis,
Mon cœur sans corps
Sans vie.
J’ai souhaité croire à tort
Que mes rêves illusoires
Ne soient pas seules chimères
Que demain soit espoir
Aujourd’hui m’est amer…
J’ai rêvé, aspiré, fantasmé,
J’ai prié
Prié le St prophète,
Prié les allouettes
J’ai prié
A tort ou à raison,
A déraison…
J’ai souhaité croire encore
Aux lendemains chantants
Aux lendemains vivants,
Aux lendemains…
Ô solitude, ma solitude
Inexorable solitude
Ce vide qui m’empli, me détruit
Telle une camisole,
M’isole…
Ô j’ai crié
Crié, hurlé, scandé
Crié mon aversion
Ma haine, ma déraison
Ô j’ai pleuré
Isolée, esseulée
J’ai pleuré
Toutes les larmes de la mer
Lames de fond, de misère
Ô j’ai pleuré
Et les larmes ont coulé.
Mais la foule s’emballe, dans le bal,
De la vie.
Et moi je pédale, dans les dédales,
De ma nuit.
Seule.
Si seule.
Je me sens seule.
Et les visages filent,
Défilent, se faulilent…
Et le manège tourne,
Et la roue tourne,
Et le monde tourne,
Tourne tourne…
A l’infini.
S. PM
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