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05.02.2006

Fatiguée...

Les larmes ne suffisent plus à apaiser ma peine.
Aussi brûlantes soient elles.
L’acide a remplacé le sel.
Corrosive, abrasive, la douleur est mon unique fontaine.
A laquelle je m’abreuve, j’étanche ma sécheresse
Mon vide ma solitude
Mon mal ma lassitude
Les fleuves se sont taris, les rivières asséchées
Les larmes ont cessé de couler.


Les fenêtres aux ouvrants déployés
Ne laissent guère plus filtrer, qu’un bien pâle nuancier
Palette inachevée…
Esquisse sans lumière
Gouttelettes amères
Gouttes d’eau à la mer…
LA mer
Celle des miens, des siens
Celle qui m’envahit trop encore
Trop en corps.


Filtre de vie à travers les persiennes
Rideau de larmes, pluie diluvienne
Les averses déversent
Des flots d’incertitude
Mais jamais ne dispersent
Ma vive incomplétude
Les jours sont semblables à mes nuits
Insomnies diurnes,
Brève errance nocturne
Veilles sans lendemain
Ou lendemains sans veille
Bien triste parchemin
Où plus rien de s’éveille

Et les larmes s’enroulent
Des mots, des flots, la houle
Et l’étau se resserre
J’ai si mal à ma chair
Au dedans au dehors
J’ai si mal à mon corps
Fatiguée de paraître
Juste fatiguée d’être…

S. PM

Commentaires

(Tiens, un étau qui se ressert, là aussi...)

Un enchaîenement de mots qui met KO et qui nous fait baisser la tête au fur et à mesure. Mais derrière la surface de cet enchaînement de mélancolie on sent bien qu'il se cache toujours une grosse envie de vivre, une rage qui fait que toutes ces questions fusent. Comme une vraie capacité à pouvoir détecter les trajectoires à corriger pour encore avancer.

Car finalement, on est jamais fatigué d'être. On a juste besoin de renaître. De réapparaître sous une autre exposition d'une autre lumière.
La fatigue d'être c'est un besoin de vivre. De vivre sa vie différemment.
De changer juste un petit paramètre. Un pas grand chose qui fait tout.
Comme toute ces petites choses qui font un bonheur inaltérable.
Cette fatigue là, c'est la meilleure chose qui puisse arriver car elle invite à réagir. Cela veut dire que le signal d'alarme est présent, ce qui n'est pas toujours le cas.

Ecrit par : Roger | 05.02.2006

@Roger: Et quel étau...
la rage est là, c'est certain mais parfois c'est un peu dur de la faire transparaître. et puis l'intime, l'écriture permet "d'être" sans faux semblant, sans faire comme si. "d'être".

Mais si, finalement on est parfois fatigué d'être... Parfois on ne peut pas changer un "petit" paramètre, et ce "petit" prend tout l'espace.

Parfois aussi je suis lassée de ne transcrire que noirceur, mais au final je ne crois pas réellement avoir la faculté de choisir...

Ecrit par : sonia | 05.02.2006

Je me suis enfoncé dans le bois avec l'envie de pleurer sur tout ce que j'avais perdu, éberlué de me rendre compte à quel point j'étais ignorant, inquiet et abasourdi par tout le chemin qu'il me restait à faire. ;-)

Ecrit par : blog-trotter | 05.02.2006

Moi j’aime bien pleurer.
Pleurer, des fois, après, dedans, c’est parfois un peu mieux.
On peut pas éternellement faire semblant et jouer avec les autres comme ci que...pour paraître.
Vous avez les mots que vous savez choisir pour exprimer , c’est énOrme et déjà beaucoup même s' ils traduisent tant de souffrances.
Vous écrivez si bien...

Ecrit par : H.Madin | 05.02.2006

@blog-trotter: merci de votre passage, je vais aller dans la forêt...

@H. Madin:Demain est un autre jour, aujourd'hui était un jour sans... Juste un peu trop mal...

Ecrit par : sonia | 05.02.2006

Sonia,

La lassitude nous tient sous joug, nos larmes coulent, notre corps réagit à la douleur, non physique, mais une autre qui torture encore plus et qui nous fait encore plus mal. Des fois les larmes ne nous consolent pas et on se sent étouffé, fatigué.
Un vide, un gouffre de mélancolie ne retient.
Blog-trotteuse ose s'aventurer dans les bois: personnellement, je ne sens même pas la force de marcher dans ces moments là: il m'arrive de regarder la forêt au loin, mais sans pour autant marcher vers elle:marcher, c'est déjà réagir: je ne sens pas cette force là.

Sonia , c'est sublime.

Lynn

Ecrit par : Lynn | 06.02.2006

Désolée,
Oups , je m'excuse:je voulais écrire : Bog-trotter

Lynn..confuse

Ecrit par : Lynn | 06.02.2006

Je me retrouve dans tes mots ... d'ailleurs j'aurai aimé pouvoir l'écrire celui-là ...
C'est très difficile pour moi de commenter ce poème ... j'en connais la raison ...
Le chant lexical de l'eau à travers les thèmes de la mer, de la pluie, des pleurs, me plait beaucoup ... cela nous rappelle qu'il faut veiller à ne pas nous noyer dans la douleur ...
Je sais qu'autour de toi, de nous, il y a plein de bouées ...
Val

Ecrit par : Valérie | 07.02.2006

Sonia,
Je te remercie de m'avoir mis en lien, c'est tellement gentil de ta part.

Lynn...redevable

Ecrit par : Lynn | 07.02.2006

et si les mots ne servaient pas seulement a retranscrire les maux, mais aussi la vie. Voir la vie avec une plume légère suffit parfois a soigner les coeurs. Du moins a les alléger

Ecrit par : bob | 07.02.2006

Merci pour tous ces mots...
@Lynn: parfois pas simple de se décentrer mais pourtant...
@Val: Merci gente dame... "ne pas nous noyer dans la douleur..." parfois il me semble que je pourrai me noyer dans un verre d'eau...
@Bob: et si... j'aimerai bien... mais ne sais... peut être un jour...

Ecrit par : sonia | 08.02.2006

Dans un verre d'eau? (souvenirs souvenirs pas si lointains du tout: c'est pas toi qui a bu toutes les bières de mon frigo??? ... j'ai racheté une caisse de 24 bouteilles .... je t'attends ...)
Excuse, tu as tendu le baton, je t'ai battu ... ça c'est pour hier, pour m'avoir fait subir une plongée hsardeuse sur un sol enneigé!
Bisous lointains (oui je sais t'aime pas)

Ecrit par : Valérie | 08.02.2006

Sonia,

Je me suis décidée enfin à créer mon blog, je te laisse le lien

Lynn

Ecrit par : Lynn | 09.02.2006

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