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26.06.2006
Jeux interdits
Il y a ces jeux d’enfants,
Des cailloux, des ciseaux,
Des pour faire comme les grands
Des billes, des bigorneaux
Des un deux trois soleil
Des monts et des merveilles
Des juste pour faire semblant
Des sourires, des souvent
Il y a ces jeux de mots
Calembours, contrepets
Tous ces mélis-mélos
Dans les mots nos reflets
Des jongleurs de consonnes
Des voyelles qui raisonnent
Plutôt que d’en jouer
Les mots se jouent de nous
Aimant à transformer
Nos plus intimes dessous
Il y a ces jeux de guerre
Décisions de hautes sphères
De leurs hauts miradors
Ils jouent à trompe la mort
Sur le grand échiquier
Les dés en sont jetés
Un corps contre deux barils
Les taux grimpent c’est logique
La vie semble si fragile
Vu d’en haut c’est tactique
Il y a ces jeux d’amour
Où voguent les sentiments
Des je t’aime pour toujours
Moi non plus sincèrement
De la haine des passions
Du bonheur sans raison
Puis des cris puis des pleurs
Pas de jeu sans douleur
C’est un peu cher payé
De jouer à aimer
Il y a ces je tu il
Conjugaison de style
Chacun avec son jeu
Sa mise son capital
Parfois avec bien peu
Parfois un peu bancal
Chacun son je de rôle
A jouer carte sur table
Chacun sous le contrôle
D’un incertain instable
Si la vie est jeu
Je veux connaître les règles
Pour comprendre un peu mieux
Tout ce qui se dérègle
Et s’il y a eu maldonne
Qu’on a faussé la donne
Je m’accorde le droit
De spolier le grand roi
De changer les valeurs
D’un neuf faire un as
Et d’accorder au cœur
La plus haute des places
S.PM
20.06.2006
....
Dis-moi pourquoi c’est qu’on a inventé le mot simple si c’est pour jamais s’en servir ?
09.06.2006
Déportée
(juste pour mettre un peu de couleur dans tout ce noir, juste pour une fois un peu de léger, juste un clin d'oeil à Roger, juste un "maillot de bien"....)
J’aurais pu être portier, ou VRP
Ou un de ces métiers, destinés
A garder,
Regarder
Les portes se fermer
J’aurais même excellé dans ces activités
C’est un don, une faculté,
Une vocation prédestinée
S’en est même déplacé
D’en être si doué.
J’vous assure, vous rassure
Je n’ai pas l’habitude
D’avoir des certitudes
Ce n’est pas prétentieux
C’est un fait, très sérieux
S’en est même indécent
D’avoir un tel talent
De ne pas le saisir
L’accomplir
Car on m’a si souvent
Refusé une entrée
Annoncé poliment
Qu’faut être habitué
J’ai pas vraiment compris
Comment on s’habitue
Sans jamais être admis
Aurais-je l’esprit obtus ?
Puis ils m’ont souvent dit
Que j’étais un peu si
Ou un peu trop cela
Ou ils ne disaient pas
Préférant me mirer
De leur œil méprisant
Préférant se gausser
Ou me toiser froidement
Alors j’les ai regardées
Admirées contemplées
Ces portes du dehors
Je les ai toutes scrutées
Comme on mire un trésor
De porte en porte
Je me suis déportée
De porte à porte
Je me suis emportée
Plutôt que de pleurer
Sur ce sinistre sort
J’aurais du être portier
J’ai perdu mon mentor
Mais aujourd’hui je doute
Mes repères sont floués
Aurais-je perdu en route
Mon zèle, mes facultés ?
Comme Ali ou Baba
Les portent s’ouvrent à moi
Plus besoin d’négocier
Discuter, palabrer
D’afficher un regard
Des plus désespéré
D’arriver le soir tard
Quand la boîte va fermer
Qu’a t-il pu m’arriver
Ai-je a ce point changé
Et je crie au scandale
On vient de m’usurper
Un titre si royal
J’n’srais pas VRP
De l’avoir négligé
Mon don m’a échappé
Du dehors au dedans
J’ai perdu mon talent.
Aujourd’hui je regarde
Avec nostalgie
Ceux que l’on rétrograde
Ils incarnent ma vie.
S.PM
05.06.2006
Chut! Libre.
Plonger dans les gorges abyssales
Se perdre au milieu des dédales
Parcourir les voies sans issue
Les sens inverses les sens perdus
Sombrer jusque dans les profonds
Couler jusqu’en perdre la raison
S’engluer dans une mélasse
En perdre la notion de surface
L’envers, l’endroit, le haut, le bas
Tous les reliefs sonnent plats
Et espérer toucher le fond
Pour provoquer l’électrochoc
Donner un grand coup de talon
Sortir du chaos qui disloque
Mais les sols n’ont pas d’appui
Les sables mouvants sous mes pieds
Je voudrais bien pouvoir frapper
Reprendre un vif goût à l’envie
Attraper fort à pleines mains
Les ordinaires les petits riens
Quitter ce long manteau de peine
Lester ces lourds poids qui m’enchaînent
Oublier celle qui me ronge
Qui m’envahit et qui me plonge
Dans le fantasme de lendemain
Dans le réel de l’incertain
Oublier celle qui m’agresse
Qui rompt mes brefs instants de liesse
Qui me rappelle à la douleur
D’un corps qui flanche, d’un corps qui pleure
Accepter celle qui se terre
Au fond de moi dans mes viscères
Qui sclérose lentement l’espace
Qui prestement laisse des traces
Des marques, des signes indélébiles
Sur un corps devenu fragile
Celle qui me donne envie de vivre
Encore plus fort encore plus vite
Qui m’incite à toujours poursuivre
A transgresser toutes les limites
A vouloir vivre passionnément
Perpétuer les débordements
Tester mon corps et ses contours
Mon âme, mes reflets, ses détours
Mais où s’arrête la frontière
A frôler toutes les barrières
Toujours plus près, toujours moins loin
Je sais, je sens que tout est vain
C’est elle ou moi dans ce combat
Je m’y refuse jusqu’au trépas
Quitte à brûler jusqu’à mes ailes
A déroger tous les modèles
A vivre ma vie toute en errance
Toute en bohème mon cœur balance
Dans cette lutte il n’est nul choix
Juste composer tant que j’y crois
Et quand les mots perdront leur sens
Quand tout ne sera que souffrance
Qu’il n’y aura plus de main tendue
Quand tous les maux seront à nu
Alors il sera juste temps
De m’envoler aux quatre vents.
S.PM


