« 2006-06 | Page d'accueil | 2006-08 »

31.07.2006

Extinction verbale

Là, tout de suite, envie, besoin, de coucher des mots sur l’asphalte.
De les hurler.
De les graver sur le bitume, à la seule force de mon poignet.
Sans mots, sans dire, sang encre.
Sang.
Les exhorter.
Terrés, atterrés, ils s’infligent un mutisme
Une extinction verbale.
Ils n’osent plus. Ne s’osent plus.
Ils auraient tant à dire.
A écrire.
Tant à hurler, saigner, pleurer.
Tant. Qu’ils se taisent.
Tant qu’il sera encore temps, je les ferai cracher.
Je les ferai suer.
A la seule force de mon poignet.
Sans mot, sans dire, sang encre.
Sang.
Je les ferai se mirer dans le reflet de leur absence.
Je les ferai hurler le poids de leur silence.
Je les ferai.
Je ne les laisserai pas oublier.
M’oublier.
Jamais.
Qu’ils se tairent je saurais les traquer.
Je creuserai la terre, jusqu’en perdre les ongles
Je creuserai la terre, jusqu’en perdre les mains
Jusqu’en perdre la tête
A frôler la folie
A retrouver l’envie
La vie.
Jusqu’à trouver la sève.
M’abreuver du nectar.
Puis le sentir couler
Dans mon corps, dans mes veines
Sous ma peau.
Dans mes os.
O juste retrouver
Les mots et leurs contours
La simple volupté
Des courbes dessinées.

S.PM

09.07.2006

Contre vents et marées

Si dans tes yeux pleure l’amer
Qu’attendons-nous pour arrimer
Doit-on reprendre pied-à-terre
Ou comme les marins saborder
Doit-on laisser glisser la houle
Sur nos remparts de vie passée
Attendre que le navire coule
Laisser les eaux nous emporter
A-t-on perdu le pied marin
Nous qui savions si bien nager
Notre phare ne me semblait pas vain
Lorsqu’il brillait sur les rochers
Je me sentais si bien portée
Sur ton navire ô capitaine
Je me savais tant protégée
Que les tempêtes me semblaient vaines
Il n’existait aucune lame
Assez profonde pour me faucher
Il n’existait aucune larme
Capable de me faire chavirer
L’eau a glissé sous bien des ponts
A rempli bien des océans
Il fait si froid sur le ponton
A regarder dans le néant

Si dans tes veines bat encore
Le bruit des mers qui se déchaînent
C’est que l’amour n’est pas mort
Qu’il crie son lourd fardeau de peine
Il n’attend plus que d’amarrer
Sous des cieux devenus cléments
De juste pouvoir se raccrocher
S’encrer dans le grand océan
Nous ne sommes plus explorateurs
A la recherche de nouvelles terres
Nous sommes de simples navigateurs
Voguant sur de nouvelles mers
Sur la carte des océans
J’ai fait le choix d’être sirène
Quitte à briser tous les carcans
Quitte à briser toutes les chaînes
Et en mon sein demeure l’amour
Que je te voue mon capitaine
Ne doute pas de mes détours
Tu es mon sang tu es mes veines

Et si au creux de la tourmente
Le ciel nous semble si couvert
N’oublies jamais l’étoile Filante
Qui scintille au milieu des mers

S.PM

08.07.2006

Temps composé

Simple ou imposé
A chaque instant
Faire de son passé
Un présent différent
Ne pas recomposer
Un passé permanent
User de subjonctif
Rayer le subjectif
De tes si faire des sûrs
Des possibles sans rature
De tes peut-être encore
Des probables plus fort
Des fragments d’incertains
Et s’essayer plus loin
Et s’essayer ailleurs
Sans crainte, sans maux, sans peur
Tenter de composer
Du simple du singulier
Des petits bouts de rien
Accolés un à un
Du simple à composer
Du juste irrégulier
Et ne pas se suffire
Du juste suffisant
Et ne pas en souffrir
Même si tout est pesant
Simple ou composé
Le temps est décliné
Il faudrait juste aimer
Apprendre à conjuguer

S.PM

Toutes les notes