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29.08.2006
En face /1
Et ces murs gris
Ces râles, ces cris
Ces soupirs essoufflés
Ces souffles coupés
Ces regards apeurés
Ces appels au secours
Ces rappels sans recours
Ces mots tus en silence
Ces arbitraires absences
Et ces regards qui glacent
Mais c’est bien pire en face
Et ces têtes qui s’oublient
Qui se perdent, et s’enfuient
Et ces autres qui ressassent
Qui repassent, et retracent
Comme les sillons rayés
D’un vieux disque oublié
Un monologue usant
Usagé et grinçant
Et ces regards qui glacent
Mais c’est bien pire en face
Une vie en suspend
Un présent si absent
Seules importent les années
Érodées et fanées
Et tous ces corps perdus
Tous ces membres distendus
Ces torsions de leur corps
Ces fantômes, ces poids morts
A chacun ses douleurs
Ses solitudes, ses peurs
Et ces regards qui glacent
Mais c’est bien pire en face
Qui du corps de la tête
A perdu la raison
La douleur est muette
C’est une chape de plomb
C’est un membre qui part
Qui oublie d’exister
C’est une ombre quelque part
Qui ne cessera d’errer
C’est une absence de sens
Les repères sont floués
Une lente déchéance
Quatre murs pour errer
Et ces regards qui glacent
Mais c’est bien pire en face
Pavillon morcelé
Où se croisent des visages
Pavillon esseulé
Où se toisent des mirages
Chacun son diagnostique
Son billet pour l’entrée
Chacun son pronostique
Gris sombre ou noir foncé
Et le présent glacé
Mire son proche devenir
Il se terre apeuré
Les maux seuls vont sans dire
Et les regards se glacent
Mais est-ce bien pire en face ?
S.PM
23.08.2006
Vertige
(quelques mots en passant, encore pas de possibilité de venir vous lire.... bientôt j'espère...)
Qui du vers, de la tige
Aura eu ma raison ?
Le vers s’est-il immiscé dans la tige ?
La tige s’est-elle brisée sous le poids des dévers ?
Renversée par la brise
Par les débris des verres
Tout semble si confus
A sombrer dans le noir,
C’est le vert qui m’a eu.
N’était-ce pas l’espérance
Symbole de l’espoir
Moi qui fuyais le noir
Par crainte d’en broyer
Mon ciel était d’ardoise
Je le rêvais cobalt
Jamais je n’aurai craint
Le jade ou l’émeraude
J’ai plongé dans les vers
Plongé jusqu’à plus soif
Sous toutes leurs nuances
Leurs rimes, leurs assonances
Je m’en suis inspirée
Je m’en suis insufflée
Dans mon corps dans mes veines
Jusqu'à saigner mes peines
Le vertige m’a happé
J’en ai perdu raison
Perdu jusqu’à plus pied
Jusqu’à la déraison
Et le verre s’est brisé
La tige s’est courbée
Mais la racine encrée
Lentement se relève
Laissant juste émaner
Quelques perles de sève.
S.PM
16:30 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
13.08.2006
Pause
Nécessité d’une pause.
Me retrouver.
Retrouver l’essence
Le sens
De ma vie.
Retrouver l’envie.
Je reviens
De loin
Pour repartir
Me reconstruire.
Re n’être
Renaître
Le temps n’a plus d’importance
Il est
Il sera.
J’écrirai
Encore.
Merci.
S.PM
23:08 Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
10.08.2006
Sauvetage à l'amer
Je n'ai plus de mots. Je ne veux plus de bouée.
Comme si la flamme intérieure
Brûlait jusque dans mes entrailles
Comme un dernier recours
Un ultime appel
Avant de cesser
Tout à fait
D’être.
Envie d’hurler
La seule rage qu’il me reste.
De frapper
Mal à en crever
Envie de cesser
D’être.
Composer jusqu’à l’extrême possible
L’impossible.
Cesser brutalement
Totalement.
Cesser d’être.
J’ai mal à mon corps
A ma vie
J’ai mal à l’envie.
Lancez-moi une bouée
Mon âme est à la mer
Je ne sais plus nager
J’ai perdu mes repères
J’ai plus de nord, de sud
Plus aucune latitude
Je n’ai plus d’horizon
Les radars sont brouillés
J’ai perdu la raison
J’ai mal à en crever
Je n’ai jamais su vivre
J’ai appris à survivre
Ce soir, je ne sais plus
Ce soir, la vie s’est tue
J’ai tué la seule flamme
J’ai soufflé la lanterne
Il n’y a plus d’oriflamme
Les drapeaux sont en berne.
Fragile
Texte réédité là, pour L. mon capitaine.
Fragile
Comme tes mots
Sur ma peau
Tes lèvres Sur les miennes
Comme l’écho de ta voix
Le contour de tes joies
Le si de tes silences
Le vide de ton absence
Comme ces souffles coupés,
Ces rythmes saccadés
Fragile
Comme tes gestes malhabiles,
Indolents et dociles
Parcourant de tes mains
Le galbe de mes reins,
Les courbes de mon corps,
L’esquisse de mes bords
Comme s’effeuille les je t’aime
Un peu, beaucoup, on sème
Fragile
Les blessures du passé,
Sur ton corps dessinées
A l’encre indélébile,
Les maux marquent et défilent
Des sillons, des ornières,
Des ratures douces amères.
Les battements de ton sang,
Les rythmes indolents
Dans tes veines le chaos,
Dans mes veines en écho
C’est fragile
Ce bonheur qu’on s’enfile
C’est fragile
Le temps qui se distille
C’est fragile
Innocent et fébrile
J’suis fragile…
S.PM
02.08.2006
Aimer sans travers
Envie d’en finir Que ce soit le dernier
L’ultime
L’écrire sans y penser L’écrire sans même relire
L’écrire pour conjurer, expier, cracher
L’écrire.
Oui j’ai aimé.
Aimé à en mourir.
De tout mon cœur, de toute mon âme.
J’ai aimé.
Et je l’ai fait souffrir.
Mon plus grand capitaine.
D’avoir pas su aimer, d’avoir été sirène
D’avoir été sa reine.
De l’avoir trop été
D’en avoir trop souffert.
J’aurais aimé l’aimer aussi fort que la lune
L’unique, la seule, et non de deux choses l’une.
Mais la fusion décroît, après deux il y a trois
Après deux, il y a toi
Ma si douce chimère, qui m’a révélé mère
Mon sarment, ma folie
Ma douce candeur
Ma joie ma folie
Mon simple bonheur
Puis j’ai aimé encore, à tort
Pas à travers
Oui j’ai aimé deux fois,
Deux fois en t’aimant toi
L’un m’a rendu fatal,
Fatalement idéale
Il m’a montré la paix, la quiétude, les sommets
Il a fait des absences, les plus beaux des silences
Le second m’a fait fée
Une fée éphémère
Me faisant oublier
Celle qui ronge mes viscères
La sclérose qui m’ulcère
Qui provoque puis se terre
Ils sont de deux choses lune
Faisant partie de moi
J’ai aimé sans lacune
Sans négliger de toi
Je t’aime jusqu’à rabord
J’en déborde de tout bord
Je t’aime à en crever
Et j’en crève de t’aimer
Et j’essaie d’avancer
Pas à pas
Sans flancher
De poursuivre un chemin
Sans balise
Sans ta main
Un jour peut-être encore
Je la tiendrais bien fort.
S.PM


