« En face /1 | Page d'accueil | Anapurna »

14.09.2006

Fée et rit

Fée de verre aux doux sons cristallins
Frêle chimère drapée dans son écrin
Son verre est si fragile, une enveloppe de soi
Un manteau fait de fil en travers sans endroit
Son cœur est d’aubépine Il ne craint que le froid
Et les ardentes épines qui parfois le foudroient
Il s’aimerait de fer pour ne plus se briser
Mais il n’est que de verre et le verre s’est fêlé
Aussi beau qu’il puisse être le cristal se fissure
En million de peut-être en millier de césures
Des pourquoi, des comment, des douleurs qui s’entêtent
Eternels questionnements, sempiternelles quêtes
C’est une fée de verre, qui avance sans mot dire
Elle s’aimerait de pierre, pour cesser de souffrir
Elle se savait fragile, sous son armure de joie
Elle caressait le fil, qui ployait sous son poids
Qu’elle fut plume, qu’elle fut plomb, son dessein était même
Mosaïque d’émotions, aux reflets de bohème
Tous ses sens en exergue, captaient le moindre élan
Elle était un iceberg, perdu dans l’océan
Son âme à fleur de peau, s’effeuillait sous la brise
S’accrochant à ses mots, devenus sa banquise
Pour ne pas s’effondrer, à la moindre tempête
Elle s’était emmurée, s’était rendue muette
Elle avait érigé, à la force de ses rires
D’innombrables piliers, devenus son empire
Des murs des barricades, d’imposantes barrières
Des haies des palissades, d’infranchissables frontières
Elle avançait sans cesse, au gré de ses folies
Avec bien peu d’adresse, elle s’inventait la vie
Elle la voulait intense, sentiment d’exister
Comme une simple évidence, un combat à mener
Elle ne savait aimer, autrement qu’entièrement
Et ne savait tricher, avec ses sentiments
Elle aurait tant aimé, savoir se protéger
Elle aurait tant souhaité, pouvoir se préserver
Mais le verre est fragile, ébréché, fendillé,
Dans ses fentes se faufilent, des blessures par milliers
C’est une fée de verre Aux doux sons cristallins
Elle s’espérait de pierre, mais tout lui semblait vain.

S.PM

Commentaires

(long sifflement admiratif)

Ecrit par : merlin | 14.09.2006

Je ne vais pas tricher.... autant le dire, ce texte je l'aime entièrement.

Ecrit par : Imparfait Présent | 16.09.2006

@Merlin, bah merci...

@IP, merci, moi je n'aime pas trop le final, à rebosser...

Merci de votre fidelité malgré ma lonnnggguuue absence... encore quelques semaines et je serais plus assidue...

Ecrit par : sonia | 16.09.2006

Dis-moi, tout en alexandrin, bravo pour la performance. J'adore notamment le début, on sent qu'on est parti pour une belle envolée, un peu triste en même temps, fragile comme le verre. Mais tout est beau!
Bises

Ecrit par : Evariste | 17.09.2006

Bonne fëte la fée!

Ecrit par : de deux chose lune | 18.09.2006

Le dernier vers me plait ... tu parles à l'imparfait donc tout n'est pas si vain finalement ...
Bravo pour ce texte: beau et technique ...

Ecrit par : Valérie | 21.09.2006

Vous faîtes preuve d'une constance qui en devient un art en soi...Je vais lire de manière plus détaillée, mais cette constance, je l'envie...

Ecrit par : koan | 21.09.2006

Comme d'habitude, tu vas dire que je me répète: J'adore.
Des strophes qui nous font avancer dans notre lectures aux pas de tes rimes.
J'aime beaucoup

Ecrit par : Lynn | 22.09.2006

@Evariste, merci l'évariste... que rajouter après un tel comm'....

@De deux choses lune, merci en retard...

@val', ben oui tout n'est pas vain, je suis toujours là ;-)

@Koan, je ne suis pas sûre que la "constance" soit très positive, j'aimerais souvent avoir d'autres mots, des plus heureux... mais... ,merci de ta visiste..

@Lynn, ah bah merci... et merci de ta fidélité malgré mes absences...

Ecrit par : sonia | 23.09.2006

je suis ta marraine, la fée ...

Ecrit par : inconnu | 19.10.2006

je suis ta marraine, la fée ...

Ecrit par : inconnu | 19.10.2006

@inconnu, ;-)

Ecrit par : sonia | 20.10.2006

Ecrire un commentaire