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23.09.2006
Anapurna
Adossée au néant, je mire mon vague à l’âme
Tout semble si constant, vu d’en haut c’est le calme
Tant besoin de hauteur, pour m’apaiser enfin
Tant besoin de hauteur, tout me semble si vain
Adossée au silence, je mire mes désaccords
L’écho de leur absence, raisonne en La mineur
Etrange symphonie, que ces combats de maux
Partition infinie, si seule ma mie si do.
Sensation déroutante, que ce vide ici-bas
Emporté par la pente, la roche et les gravats
Mon âme se liquéfie, comme neige au soleil
Puis lentement s’oublie, dans un profond sommeil
Elle n’est plus, elle sera, lente métamorphose
Seule la vue, en deçà, envahie et m’impose
Instant de pure quiétude, dérobé au silence
Intense plénitude, mes blessures en partance
Puis ressentir mon corps, comme un tout unifié
S’encrer un peu plus fort, sur le sol scarifié
Tant besoin de hauteur pour apaiser mes peines
Tant besoin de hauteur, mirer les vastes plaines
Adossée au passé, je mire ce transitoire
Ce juste singulier, cet autre exutoire
Le regard éperdu dans un lointain ailleurs
Mon âme est mise à nu, elle ne craint plus les peurs
Vidée de ses traumas, de ses incertitudes
Elle n’est plus qu’une Hora, baignée de plénitude
Il n’est qu’une seule limite, au loin à l’horizon
Un seul point de zénith, un seul point d’abandon
Et entre ciel et terre, de vastes immensités
Une intense bouffée d’air, pour mon âme asphyxiée
Adossée au néant je mire mon vague à l’âme
Tout semble si constant, vu d’en haut c’est le calme
Tant besoin de hauteur, de reliefs épurés
Tant besoin de hauteur, juste pour m’apaiser.
S.PM
14.09.2006
Fée et rit
Fée de verre aux doux sons cristallins
Frêle chimère drapée dans son écrin
Son verre est si fragile, une enveloppe de soi
Un manteau fait de fil en travers sans endroit
Son cœur est d’aubépine Il ne craint que le froid
Et les ardentes épines qui parfois le foudroient
Il s’aimerait de fer pour ne plus se briser
Mais il n’est que de verre et le verre s’est fêlé
Aussi beau qu’il puisse être le cristal se fissure
En million de peut-être en millier de césures
Des pourquoi, des comment, des douleurs qui s’entêtent
Eternels questionnements, sempiternelles quêtes
C’est une fée de verre, qui avance sans mot dire
Elle s’aimerait de pierre, pour cesser de souffrir
Elle se savait fragile, sous son armure de joie
Elle caressait le fil, qui ployait sous son poids
Qu’elle fut plume, qu’elle fut plomb, son dessein était même
Mosaïque d’émotions, aux reflets de bohème
Tous ses sens en exergue, captaient le moindre élan
Elle était un iceberg, perdu dans l’océan
Son âme à fleur de peau, s’effeuillait sous la brise
S’accrochant à ses mots, devenus sa banquise
Pour ne pas s’effondrer, à la moindre tempête
Elle s’était emmurée, s’était rendue muette
Elle avait érigé, à la force de ses rires
D’innombrables piliers, devenus son empire
Des murs des barricades, d’imposantes barrières
Des haies des palissades, d’infranchissables frontières
Elle avançait sans cesse, au gré de ses folies
Avec bien peu d’adresse, elle s’inventait la vie
Elle la voulait intense, sentiment d’exister
Comme une simple évidence, un combat à mener
Elle ne savait aimer, autrement qu’entièrement
Et ne savait tricher, avec ses sentiments
Elle aurait tant aimé, savoir se protéger
Elle aurait tant souhaité, pouvoir se préserver
Mais le verre est fragile, ébréché, fendillé,
Dans ses fentes se faufilent, des blessures par milliers
C’est une fée de verre Aux doux sons cristallins
Elle s’espérait de pierre, mais tout lui semblait vain.
S.PM


