14.05.2006
A la frontière des jours
23:31 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
St Et.
Depuis quelques temps bien envie d'accompagner mes textes par des images, photos... Parfois les rencontres font que le probable se transforme en possible. Plein plein de merci à Donald K. qui a bien voulu prendre du temps sur mes textes pour leur donner une autre vie. Une autre envie.
J'aime beaucoup ce qui en émane... Beaucoup. Je réédite donc certains de mes textes, puis peut-être au fil du temps d'autres...
Encore merci mister Donald!
NB: Il faut cliquer sur la photo pour la rendre lisible...

23:19 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
06.05.2006
A la frontière des jours
Cinq heures et des poussières.
Entre ombre et lumière. Se croisent les chimères.
Chacun avec son ombre, son étole de pénombre.
Chacun avec son sien, son petit bout de rien.
Son bonheur a la pelle, son seau et sa truelle.
Son vague à l’âme en peine,
Sa peine sans une vague,
Sa légère allégresse, son enivrante ivresse,
Son poids lourd, son poids plume,
Ses joies, ses amertumes.
A l’aube des matins, s’alignent les desseins.
Chacun sous son regard, se toisent les histoires,
Improbables rencontres, deux univers racontent.
Voyageurs de la nuit, parcourant l’insomnie,
Jusqu’au trépas nocturne, se lèvent les diurnes.
Ils errent, ils vagabondent de bars en exutoires,
Partout où la fièvre gronde ils traquent l’illusoire.
Ils respirent, ils aspirent à prolonger en vain,
La nuit qui les inspire, qui les mène au loin.
Ils repoussent les limites, les frontières, l’illicite,
Ils voguent sans mot dire, recherchant leur Zahir.
C’est au creux des errances qu’ils apaisent leur souffrance,
Une soif inassouvie, un vide qui détruit
Ils aiment à échanger au détour d’un regard,
Ils aiment à rencontrer jusque dans le soir tard.
Lorsque l’aube apparaît, dans un même mouvement,
Ils rentrent sans regret, les yeux dans le néant.
Ensuqués, enivrés, ils sourient à la vie,
Juste déambuler, dans les dédales des nuits.
Puis il y a les seconds qui s’activent et s’empressent
Qui courent et qui caressent,
L’espoir du grand soir.
Le monde leur appartient puisqu’ils se lèvent tôt,
Ils passent leur chemin, n’ayant fi des oiseaux.
Leurs rêves sont en cage, leur vie est bien trop sage,
Ils aspirent au meilleur, leur meilleur est un leurre.
La tête inclinée, portant de lourds fardeaux,
Leur temps leur est compté, il se compte en euros.
Ils avancent, ils avancent sans jamais s’arrêter,
Les autres dansent et balancent jusqu’à s’en épuiser.
Lorsque les uns s’effacent, las et fatigués,
Les autres se déplacent, passent sans les mirer.
Chacun avec ses sons, ses musiques, ses chansons.
Dans la tête des premiers raisonne encore l’écho
Des rythmes endiablés, des rocks et des tangos
Les seconds fredonnent des airs, des tubes sans âme, sans nerf,
Passés et repassés sur les ondes délavées.
Et chacun passe,
Repasse,
Trépasse.
Au milieu l’immuable.
Tribulations serviables.
Le pain et le journal, un quotidien banal,
Les lourds marteaux piqueurs, martèlent piquent et pleurent,
Les ordures les poubelles, la ville sera belle.
A la fange toujours, entre nuit et jour se croisent les discours.
J’aspire à retrouver, ces minutes égrainées, qui effleurent le jour, lorsque s’effeuillent les nuits.
J’aime à juste voguer entre ombre et lumière,
J’aime à juste repousser, transgresser les frontières.
S.PM
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