02.04.2007
Mascarade
Et tu regardes passer les ombres invisibles
Dans le reflet troublé de ton miroir sans teint
Tu n’entends plus les sons qui te semblent inaudibles
Seuls des mots en cascades te parviennent en refrain
Tu t’inventes la vie que tu savais cynique
Acculée au comptoir de tes romances déchues
Au regard de l’humain tu sembles bien pathétique
Renfermée dans ta bulle qui lentement obstrue
Le moindre de tes possibles, le moindre de tes peut-être
Qui lentement te tue comme on tait pour commettre
L’impardonnable geste qui fut et qui sera
La plus lourde sentence que tu t’es prononcée
Tu es seule à porter ce douloureux combat
Tu es et tu fus seule à te l’être imposé.
Tu ne peux en vouloir à aucun de tes pairs
Qui moins lâche que toi ont su recomposer
Qui malgré la douleur ont su retrouver l’air
Refusant comme toi de se faire asphyxier.
Tu n’auras pas les mots pour décrire ta souffrance
Tu n’auras que les larmes pour briser ton silence
Et sous tes airs de clown tu avances masquée
Dissimulant tes pleurs sous des rires éclatés
Faire de ta vie un cirque sous un grand chapiteau
Peindre les murs en rire, changer les nuanciers
Avec pour seuls outils ta palette, tes mots
Une immense feuille vierge et tout recommencer…
S.PM
21:08 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
28.02.2007
Slam mal
Ce soir j’ai décidé de slamer
Un slam pour un verre, le contrat était clair,
Pour une gorgée de bière, j’vais faire crisser les vers
Je vais les faire crier, hurler, je vais les faire pleurer
Pleurer jusqu’à plus soif, jusqu’à l’en étancher ma soif
Dans un verre d’eau, ou de bière
Dans un verre.
Ce soir j’ai décidé d’slamer
Ça va s’jouer serré, si je veux consommer
Pas une rime alignée, pas un mot à placer
Un manque d’inspiration, c’est la consternation
Gueule de bois pour les mots, ils titubent, ils se noient
Pas un son, pas un mot, ils s’affalent sans voix
Une extinction verbale, pour un slam c’est bancal
J’ai bien tenté l’esquive, comme ultime tentative,
Mais la soif est tenace, acariâtre et coriace
Ne pouvant s’étancher, elle ne peut tolérer
D’en être ainsi frustré
J’l’ai joué peu honnête, partir à la conquête
D’un vieux texte, d’un grimoire
Ressorti d’un tiroir,
Un semblant de papier, griffonné, hachuré
Un juste pour faire semblant, avec plein d’rimes dedans
Et même pour faire plus fort, avec des métaphores
Mais j’ai eu beau chercher, traquer, fouiller Je n’ai pu qu’abdiquer
Des mots à profusion, mais des flots d’émotion
Que du noir ou du gris, mes mots s’euthanasient
Un à un lentement, s’en est même consternant
Je ne pouvais ce soir, devant cet auditoire
Décemment vous clamer, que des mots torturés
On aurait lu en gras, à la une du journal
Vraiment on n’comprend pas, cette déprime générale
Qui a ainsi frappé, de simples habitués
Venus juste écouter, des slameurs déclamer
Non vraiment je ne peux, porter un tel fardeau
Et je préfère bien mieux, jongler avec les mots
J’ai donc vite aligné, des rythmes et des sons
Et puis pour m’la péter, des allitérations
Et si malgré tout ça, je n’ai pas droit à boire
Je res’trais planté là, jusqu’à vous émouvoir
Promis pour la prochaine, je serai moins laxiste
Quitte a saigner mes veines, j’vous f’rais des rimes en xiste !!!!
S.PM
10:40 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
23.01.2007
Un deux, toi, soleil!
Je suis sud de toi. Du soleil dans tes mots. Il y en a, plus que tu ne crois. Des rayons ultra-vie. Une volonté de la remettre au centre avec ces hauts, ces bas. La vie. Là. Maintenant.
Une envie de balayer les mauvaises passes. De souffler un vent du sud sur le sang qui se glace. Une envie de vivre qui s’accroche comme des rayons de soleil brisent un brouillard de décembre. Au milieu de tout ça. Au centre. Au milieu de toi, il y a un cœur qui bat haut et fort. Et moi je suis sud de toi. Je suis sûr que toi, la vie tu la vois comme une chance, comme une danse qui ne se refuse pas.
Je suis nord de toi. Du soleil dans mes maux, il y en a. Un soleil noir exorciste de mes peines, brûlant, scarifiant par endroits les brûlures du passé, du présent.
Du soleil marqueur de vie, empreinte indélébile d’un possible meilleur. D’une vie. Là. Maintenant. Tout de suite. Une envie de la vivre cette vie, de m’y accrocher, de lui hurler qu’il est encore possible, probable. Qu’il est encore.
En face, à côté, tout près, il y a toi, il y a eux, il y a tous ces reflets, toutes ces nuances de couleur, tous ces mots, ces silences, hurlés ou murmurés.
Il y a tous ces appels. A la vie, à l’envie.
Alors oui je serai nord comme tu peux être sud, je laisserai mon corps se réchauffer par les courants d’air chaud, je laisserai mon cœur battre haut et fort, je le laisserai encore et encore... Valser au rythme de la vie.
Le soleil de toute façon se moque du nord et du sud, il passe par-dessus les pôles pour te réchauffer le cœur et le corps comme ce souffle chaud et ces mains que l’on tend. Main tendue, maintenant à quelques « n’être » de l’ombre sous laquelle tu te terres, tu te tais, il y a ces rayons de soleil et de joie qui t’attendent. Comme un miroir qui reflète un autre regard du passé. Un autre regard mais pas le regard d’un autre. Le regard de ces moments ou l’on délaisse le temps passé à additionner les moins bien, les blessures, les brûlures et autres maux. Ce n’est plus le moment, non. Ce miroir c’est celui des avancées. Car avant c’était bien aussi. Des sourires qu’on oublie plus vite que des pleurs, des envies plus vite que des peurs, des souffles d’enfant que l’on respire encore au fond de soi. Des premiers mots, des premiers toi, des yeux qui brillent comme un soleil, justement. Et de ces avants ci, il y aura des après qui tourneront le dos aux « ça ne marchera pas » car c’est marche après marche que les étapes du tour de force se gagnent. Une à une.
Alors je l’attendrai ce soleil, sous la seule latitude que je connaisse ; l’incertitude. Je l’attendrai, terrée dans l’ombre de mes doutes, en écho mes déroutes.
Je l’attendrai.
Je le laisserai m’apprivoiser, lentement, me dessiner sur mon corps encore tiède, la chaleur de mes joies, passées, futures. Je le laisserai me réchauffer, ranimer mes membres engourdis par une trop grande torpeur. Raviver la flamme, l’étincelle, jusqu’au brasier final.
Je le laisserai.
Parce que de toute façon, le soleil se moque bien des rives, des dérives, des berges opposées. Il passe par-dessus les eaux, les maux. Il apaise les traces d’un passé devenu trop présent ou peut-être trop absent. Il apaise mais n’élude, il est juste une fenêtre dans un couloir trop noir, un sourire d’un enfant dans un monde de grands, une fleur apposée sur une terre minée. Il est juste la vie lorsque cesse les envies.
Alors je cesserai d’additionner les moins biens, les blessures, et autres maux, j’accepterai les bonheurs écoulés, je me remémorerais les sourires, les éclats, les juste pour toi, les tout contre moi. Je cesserai d’avoir peur d’avoir mal, je cesserai d’avoir mal d’avoir peur.
J’accepterai.
J’accepterai, et peut être, pour une fois encore je me relèverai.
"Texte co-écrit avec Imparfait Présent qui m'a permis de jetter l'encre, et de retrouver les mots"


