14.12.2006
Peu/Pas
Peu/pas de temps pour lire, écrire. Peu/pas de temps pour me poser. Peu/pas de temps pour que mon psychisme s'oublie un tant soit peu. Peu/pas de temps.
Des escuses oui, et encore... S'escuser que la vie oublie parfois de faire des pauses, je ne sais pas trop. Juste un peu de clémence attendue de votre part... et encore...
Voilà, je suis là, un peu, parfois, je serais là, un peu, plus tard...
Merci à vous de votre présence malgré mes absences.
S.PM
30.11.2006
Mirage éthylique
Parce qu'on n'efface pas la douleur en appuyant sur un bouton "reset", parce que vivre c'est avoir mal, parce que... Mirage éthylique se doit d'exister.
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voici un bateau qui est très beau, qui fait rèver
mais qui est prisonnier de la bouteille
et ne naviguera plus jamais. Bruno
(Merci beaucoup à Bruno pour cette photo et ce commentaire)
A D.
Il y’eut ces fonds de verres, laissés comme traîne-misère
Sur des tables délaissés, par les grands, éméchés
Oubliant un instant, qu’ils étaient les parents
D’une progéniture
S’essayant en biture.
Il y eut cette première. Cette gorgée de bière
Des années en arrière, lapée âpre et amère
Un précieux souvenir, un sinistre devenir
Comme un goût de revient,
Inaliénable lien
Puis il y’eut ces soirées, d’adolescents pressés, d’oublier dans l’ivresse
Le monde qui les oppresse.
Un verre et puis tant d’autres, une cuite, à la vôtre !
Puis l’alcool a coulé, lentement défilé
De bars en exutoire, tout semble si dérisoire
Une simple habitude, trinquer comme un prélude, à un triste lendemain
Aujourd’hui tout va bien.
Apéro entre amis, une tournée et s’enfuit
Puis revient plus souvent.
Un besoin si pressant.
Et le rythme s’emballe, lentement tu décales
Et tu te préfères seul, acculé au comptoir
Tu ne fais plus la gueule, devant ton auditoire
Que tu jaugeais trop lent, à terminer leur blanc
Et tu te préfères loin, de tes ex-camarades
Prestement tu rejoints, les plus infimes rades
Un demi et puis deux, un troisième un adieu
Il te faut boire bien vite, pour reprendre la piste
Dans ta piste point d’étoiles, seule au loin la grand voile
Qui te laisse imager, un ailleurs apaisé
Un ersatz de paix, juste le temps d’un trajet
Avec comme seule amie, ta fidèle, ton whisky
Qui jamais t’as trompée, savamment déposée
Près de toi comme l’unique, que tu adules… Cynique !
Des chemins et des routes, le temps de ta déroute
Une halte et puis deux, et tu fermes les yeux
Une gorgée et puis deux, tu te sens déjà mieux
Tu aspires une bouffée, comme pour mieux t’apaiser
Une clope, un whisky, tu t’inventes ta vie
Que tu sais illusoire, fantasque, sans espoir
Juste un instant volé, une nouvelle gorgée
Et ta bouteille se vide, en emplissant ton vide
Tu la jettes comme honteux, et tu regrettes un peu
Mais il est déjà tard, l’automate repart
Et il rentre chez lui.
Grisé par sa folie.
L’alcool est encore sage, pas de trace de ravage
Tu fais juste semblant devant femme et enfants
Qui n’comprennent pas encore, que tu es déjà mort.
Un baiser et au lit, aujourd’hui c’est lundi
Papa doit étancher, sa soif inavouée
Et tu triches et tu mens,
Et le manque te reprend
Une torture sans fin, un Ricard ou du vin
Tu recherches comme un fou, tes planques tes dessous
Tu coupes du bois sans fin, dans le fond du jardin
Juste pour picoler, le temps d’une envolée
Et tu rentres blindé.
Tout le monde est couché…
Tu te faxes dans le lit, sans un mot sans un bruit
Mais ta femme comprend, même si elle fait semblant
Tu te jures que demain sera un autre jour
Que tu seras à jeun, tu seras sans détour
Mais demain est un leurre, et tu attends ton heure
Rituel éthylique, tu te sais alcoolique
Toi qui par le passé, réfutais ce présage
Surtout ne pas sombrer, dans ce triste mirage
Lentement tu dérives, sur les berges sans rive
D’un si lointain ailleurs, dans l’alcool tu te leurres
Et tu triches et tu meurs, et tu craques, et tu pleures
Tu changes le vin en eau, pour laisser le niveau
Dans l’astuce tu excelles, le manque te donne des ailes
Les bouteilles se font rares, t’as vidé les placards
Tu te changes en renard, pour traquer un Ricard
Tu t’étais rêvé tigre, mais l’alcool te dénigre
T’enlève jusqu’à ta rage, tu es son seul otage
Et tu fouilles en vain, tes planques tes recoins
Puis parfois tu rejoins ton fidèle voisin
Compagnon d’infortune, que tu ne comprends pas
Le jour où il répugne, à te servir comme ça.
Doucement tu t’éveilles, de ta lente torpeur
Tu refuses ce sommeil, dans lequel tu te meurs
A l’aube de ta naissance, tu frôles le coma
Comme ultime souffrance, comme un dernier combat
Avachi sur le sol, tu comptes tes étoiles
C’est ton dernier envole, demain tu te dévoiles
Depuis de nombreuses lunes,
Tu t’accroches à la vie,
Tu recherches ta dune, pour poursuivre tes envies
A la force de tes rêves, tu poursuis ton chemin
Chaque jour est une trêve, un combat sur demain
Et tu sais bien précaire, ce tout juste équilibre
Qu’au sein de tes viscères, tu n’ s’ras plus jamais libre
Le poison fallacieux rodera comme une ombre
Et res’tra douloureux, tapis dans la pénombre
Dans l’attente de te voir, un beau jour trébucher
Ne lui laisses plus d’espoir, ne le laisses pas régner
Tu es maître à ton bord, même si t’as débordé
Tu es seul maître à bord, ton navire va voguer
Il sera le plus beau, le plus grand le plus fort
Et au milieu des eaux, tu seras un condor…
S.PM
16.11.2006
Funambule
Ces frissons qui parcourent l’échine
Sans vraiment comprendre pourquoi
Qui me rappelle à mon infime
A mes pardons, à mes pour toi
A tous mes vides qui se veulent plein
A les remplir des incertains
A s’essayer sur d’autres routes
Comme pour brouiller tous mes chemins
Comme si j’aimais me perdre en doutes
Pour ne jamais croire au certain
Et tout ce vide qui m’étreint
Qui annihile mes pensées
Et qui à jamais me contraint
A fouler des terres défrichées
Aurai-je un jour ce sentiment
De plénitude et de bien être
Saurais-je vivre pleinement
En éludant tous mes peut-être
Il fait si froid dans mes soirs tard
Mes étoiles cessent de briller
L’aube m’apparaît comme dérisoire
Lorsque la nuit vient me happer
Elle sait si bien me revêtir
De son si long manteau de peine
Occultant ce à quoi j’aspire
Pour n’en laisser qu’une vaste plaine
C’est à la force de mes mots
Que je construis mes devenirs
M’essayant à mes jeux de maux
Comme on s’essaye en souvenirs
Et je parcours mes marécages
Embourbée dans mes sols terreux
Recherchant de nouveaux mirages
Comme on se rêve parfois à deux
Et je parcours mes non-retours
Sur l’échelle de ma folie
A la recherche de mes détours
Sur l’ardoise de mes envies
Je me bats contre des moulins
A brasser tant d’incertitudes
Je sens parfois l’immense ravin
Frôler mon intense solitude
A déambuler sur le fil
Je me sens l’âme d’un funambule
Parfois sans doute un peu fragile
Mais libre comme une libellule
Je creuse sans cesse un puit sans fond
A la recherche d’un pourquoi
Erigeant de multiples ponts
Un trait d’union entre mes parfois
Je fuis en vain tous mes déserts
A la conquête d’une oasis
Délaissant mes moindres repères
Toujours avide de vie métisse
Et ses frissons qui me parcourent
Qui me rappellent à mon infime
Sont mes appels au secours
Lorsque mon monde se décime…
S.PM
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