10.08.2006
Sauvetage à l'amer
Je n'ai plus de mots. Je ne veux plus de bouée.
Comme si la flamme intérieure
Brûlait jusque dans mes entrailles
Comme un dernier recours
Un ultime appel
Avant de cesser
Tout à fait
D’être.
Envie d’hurler
La seule rage qu’il me reste.
De frapper
Mal à en crever
Envie de cesser
D’être.
Composer jusqu’à l’extrême possible
L’impossible.
Cesser brutalement
Totalement.
Cesser d’être.
J’ai mal à mon corps
A ma vie
J’ai mal à l’envie.
Lancez-moi une bouée
Mon âme est à la mer
Je ne sais plus nager
J’ai perdu mes repères
J’ai plus de nord, de sud
Plus aucune latitude
Je n’ai plus d’horizon
Les radars sont brouillés
J’ai perdu la raison
J’ai mal à en crever
Je n’ai jamais su vivre
J’ai appris à survivre
Ce soir, je ne sais plus
Ce soir, la vie s’est tue
J’ai tué la seule flamme
J’ai soufflé la lanterne
Il n’y a plus d’oriflamme
Les drapeaux sont en berne.
Fragile
Texte réédité là, pour L. mon capitaine.
Fragile
Comme tes mots
Sur ma peau
Tes lèvres Sur les miennes
Comme l’écho de ta voix
Le contour de tes joies
Le si de tes silences
Le vide de ton absence
Comme ces souffles coupés,
Ces rythmes saccadés
Fragile
Comme tes gestes malhabiles,
Indolents et dociles
Parcourant de tes mains
Le galbe de mes reins,
Les courbes de mon corps,
L’esquisse de mes bords
Comme s’effeuille les je t’aime
Un peu, beaucoup, on sème
Fragile
Les blessures du passé,
Sur ton corps dessinées
A l’encre indélébile,
Les maux marquent et défilent
Des sillons, des ornières,
Des ratures douces amères.
Les battements de ton sang,
Les rythmes indolents
Dans tes veines le chaos,
Dans mes veines en écho
C’est fragile
Ce bonheur qu’on s’enfile
C’est fragile
Le temps qui se distille
C’est fragile
Innocent et fébrile
J’suis fragile…
S.PM
02.08.2006
Aimer sans travers
Envie d’en finir Que ce soit le dernier
L’ultime
L’écrire sans y penser L’écrire sans même relire
L’écrire pour conjurer, expier, cracher
L’écrire.
Oui j’ai aimé.
Aimé à en mourir.
De tout mon cœur, de toute mon âme.
J’ai aimé.
Et je l’ai fait souffrir.
Mon plus grand capitaine.
D’avoir pas su aimer, d’avoir été sirène
D’avoir été sa reine.
De l’avoir trop été
D’en avoir trop souffert.
J’aurais aimé l’aimer aussi fort que la lune
L’unique, la seule, et non de deux choses l’une.
Mais la fusion décroît, après deux il y a trois
Après deux, il y a toi
Ma si douce chimère, qui m’a révélé mère
Mon sarment, ma folie
Ma douce candeur
Ma joie ma folie
Mon simple bonheur
Puis j’ai aimé encore, à tort
Pas à travers
Oui j’ai aimé deux fois,
Deux fois en t’aimant toi
L’un m’a rendu fatal,
Fatalement idéale
Il m’a montré la paix, la quiétude, les sommets
Il a fait des absences, les plus beaux des silences
Le second m’a fait fée
Une fée éphémère
Me faisant oublier
Celle qui ronge mes viscères
La sclérose qui m’ulcère
Qui provoque puis se terre
Ils sont de deux choses lune
Faisant partie de moi
J’ai aimé sans lacune
Sans négliger de toi
Je t’aime jusqu’à rabord
J’en déborde de tout bord
Je t’aime à en crever
Et j’en crève de t’aimer
Et j’essaie d’avancer
Pas à pas
Sans flancher
De poursuivre un chemin
Sans balise
Sans ta main
Un jour peut-être encore
Je la tiendrais bien fort.
S.PM


